Walther Ploos van Amstel: “La Belgique doit utiliser ses routes plus intelligemment”

 27/02/2015  Claude Yvens  Expertise Center
Walther Ploos van Amstel: “La Belgique doit utiliser ses routes plus intelligemment”

Dans votre présentation au ‘3PL-summit’, vous avez dit que la Belgique pose un grand problème pour le développement du réseau TEN-T. Pourquoi cela?

Walter Ploos van Amstel, Ecole supérieure d’Amsterdam et Vrije Universiteit: D’ici à 2030, la Commission Européenne veut adapter l’infrastructure européenne pour le transport de marchandises de telle façon que le transport sur longues distances se déroule de manière plus rapide, plus efficace, plus fiable et plus sûre. Cela devra se faire tout d’abord par une meilleure séparation du trafic local et du trafic de transit. La Belgique se trouve au carrefour de trois corridors, et cela pose un grand problème, parce que la congestion du réseau routier est la plus grande de toute l’Europe. La perte de temps rend le transport sur ces axes plus cher et moins fiable. A long terme naît ainsi le risque que les entreprises vont tenter d’éviter que leurs transports ne passent par la Belgique; et qu’elles choisiront d’autres lieux pour implanter leurs EDC. De plus, cela cause des désagréments pour les transports depuis les Pays-Bas vers le sud de l’Europe.

Quel est exactement le problème ?

WPvA : Les files se produisent principalement sur les rings d’Anvers et de Bruxelles. L’infrastructure existante, avec ses nombreuses sorties et montées, ainsi que de nombreuses différences de niveaux, provoque de surcroît elle-même la congestion. C’est entre autres ce qui fait que les essais avec les écocombis (les camions plus longs et plus lourds n’ont toujours pas commencé et qu’ils ne se dérouleraient pas bien. De plus, cela entrave une vision à long terme, puisque le ‘platooning’ (les convois automatiques de camions avec ou sans chauffeur) est lui aussi impraticable.

Comment peut-on résoudre le problème ?

WPvA : La Belgique a – avec les Pays-Bas – le réseau routier le plus dense du monde. ‘Plus d’asphalte’ n’est dès lors pas la solution. Toutefois, avec des systèmes de transport intelligents et des systèmes de gestion du trafic avancés, il devrait être possible d’utiliser ce réseau de manière plus efficace. Par ailleurs, on pourrait adapter de manière dynamique la vitesse maximale aux circonstances. De plus en plus d’entreprises utilisent d’ailleurs déjà le ‘speed profiling’ pour mieux choisir quelles routes elles vont utiliser afin de réduire le risque de files. La Belgique doit utiliser ses routes plus intelligemment.

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