VDW Trans : une Gazelle provinciale… et sectorielle

 21/12/2017  Frédéric Willems  Economie
VDW Trans : une Gazelle provinciale… et sectorielle

Fraîchement auréolée du titre de meilleur performeur dans la catégorie « moyennes entreprises » pour la province du Hainaut, VDW Trans a également décroché la palme au niveau sectoriel lors de la première édition wallonne des Gazelles Transport & Logistics, organisée en mai dernier dans le cadre du salon Transport & Logistics Liège.

C’est un Hugues Vandewouwer satisfait, mais diablement réaliste, qui nous reçoit dans le bâtiment industriel que son entreprise occupe depuis 15 ans dans le parc industriel de Ghislenghien, pour parler croissance, concurrence et de son quotidien de patron de PME.

« Décrocher deux prix en quelques mois, c’est en effet une belle reconnaissance », explique-t-il, « mais je garde toujours les pieds sur terre. Je me rappelle que l’activité en transport est cyclique, et que, tôt ou tard, nous devrons à nouveau faire le gros dos pour traverser une période de turbulence économique. Pendant la crise, je me suis privé de salaire pendant plusieurs mois pour continuer à faire rouler un maximum de camions. Je sais ce que c’est de toucher le fond. »

Des débuts solitaires

« J’ai passé mon certificat d’aptitude professionnelle en 1996, après avoir obtenu mon permis poids lourds. Un an plus tard, en avril 1997, je me suis lancé en créant VDW Trans en tant que patron-chauffeur. Mon premier véhicule était un Scania Série 4 de 400 chevaux, avec cabine courte. En demandant un véhicule de base, qui me permettait de faire mon métier correctement, et en présentant un dossier bien ficelé, j’ai gagné la confiance de Scania Finance, et j’ai donc pris la route, pour des missions internationales ou autres, souvent en sous-traitance. »

Les activités de VDW Trans vont prendre leur envol en 2002, quand le patron-chauffeur s’installe dans le parc industriel de Ghislenghien. Deux ans plus tard, Hugues Vandewouwer engage son premier chauffeur, et est rejoint pour les tâches sociales et administratives par son père, Jacques, tout juste retraité d’une carrière de directeur dans l’enseignement. « Si mon père était plus jeune, nous aurions pu faire carrière ensemble, car nous sommes très complémentaires », poursuit-il. La croissance est depuis lors au rendez-vous. L’entreprise compte aujourd’hui environ 35 collaborateurs, dont 30 chauffeurs fixes, et quelques occasionnels, notamment les samedis.

L’union fait la force

Cette croissance (VDW Trans a quadruplé son chiffre d’affaires entre 2011 et 2015) et son implantation géographique stratégique permet à l’entreprise de soumissionner pour des contrats avec les grandes entreprises du parc industriel, comme Colruyt et GEFCO. « Quand je me suis installé à Ghislenghien, Colruyt travaillait avec plusieurs transporteurs de taille moyenne, avant de revoir sa politique et de confier ses transports à quelques grands sous-traitants. »

Une tuile pour la société hennuyère qui perd ainsi une part non négligeable de son chiffre d’affaires, mais c’était sans compter sur le franc parler de son dynamique patron. « J’ai en effet immédiatement sollicité un rendez-vous chez Colruyt pour leur expliquer qu’ils faisaient fausse route en travaillant avec des entreprises qui cassaient les prix. » Quelques semaines plus tard, un des sous-traitants sélectionnés par le géant de la distribution se montre incapable d’honorer son contrat, et c’est tout naturellement vers Hugues Vandewouwer que les dirigeants de Colruyt se tournent. « Pour répondre à leurs attentes, nous devions atteindre un taille critique. J’ai dès lors mobilisé plusieurs transporteurs de taille moyenne de la région et, ensemble, nous effectuons depuis des missions régulières pour leur compte, comme pour d’autres entreprises. »

Fidèle à ses premières amours, le patron de VDW Trans continue à faire confiance à Scania, et des DAF ont également rejoint la flotte de l’entreprise, forte à présent de 28 véhicules moteurs et d’une trentaine de remorques (bâchées, bennes, plateaux pour le transport de voitures, …).  « Presque tous nos véhicules font l’objet d’un contrat d’entretien, au terme duquel nous les entretenons nous-mêmes. Et pour les pneumatiques, nous travaillons avec une centrale, et prenons en charge les opérations de montage et de démontage. »

L’éloge de la polyvalence

Quand on lui demande ce qui fait aujourd’hui la force de son entreprise, Hugues Vandewouwer ne doit réfléchir longtemps avant de parler de son personnel. « Notre premier chauffeur, engagé en 2004, fait toujours partie de l’entreprise. Nous veillons à garder un équilibre dans les âges de nos chauffeurs, et recrutons ainsi aussi bien des personnes expérimentées de la région, que de jeunes chauffeurs diplômés du FOREM. On essaye de garder un noyau, et une pyramide des âges équilibrée, mais le métier est tellement dénigré qu’il est difficile de fidéliser les plus jeunes. La moyenne d’âge des chauffeurs belges augmente. La formation du FOREM est plutôt qualitative, mais certains aspects du métier ne sont pas abordés, comme la géographie de notre pays ou des prestations techniques de base. Certains jeunes candidats ne savent par exemple pas changer un pneu en arrivant chez nous. »

Un autre atout du transporteur de Ghislenghien réside dans sa polyvalence. L’entreprise tire ainsi principalement des semi-remorques bâchées pour les secteurs de la grande distribution, de la sidérurgie et de la brasserie, et assure également du transport par bennes, de la distribution de véhicules et achemine pour ses clients du matériel sur chantiers. « Et on fait aussi du ramassage de betteraves en saison », ajoute avec le sourire Hugues Vandewouwer qui prend toujours régulièrement le volant de son tracteur, pour des missions sur mesure, notamment à l’international, ou en cas de surcharge du planning. « Je reste ainsi au contact de mes chauffeurs », conclut-il. « Ce qui me permet de connaître leur quotidien, et de leur donner les outils dont ils ont besoin pour faire leur métier correctement. »

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