UPTR : “Comme si les Talibans se préoccupaient du sort des femmes battues”

 01/04/2014  Claude Yvens  Economie

La campagne électorale génère son lot de promesses en tous genres, mais l’UPTR ne s’en laisse visiblement pas compter. Son directeur général Michael Reul nous a adressé une lettre ouverte difficile à résumer, et nous la publions donc dans son intégralité, avec toutes les réserves d’usage.

“Présente au débat préélectoral organisé par l’ UCM ce mercredi 26 mars, l’ UPTR n’ a pas manqué d’ insister sur l´importance de procéder à une rapide réduction du coût patronal. L´UPTR n´était d´ailleurs pas la seule à taper sur ce même clou. 

L´UPTR a pu profiter de l´initiative de l´UCM pour essayer de sensibiliser nos responsables politiques aux spécificités du secteur transport et logistique. Ainsi, le secteur du transport, particulièrement confronté à la concurrence des pays à faible coût salarial a déjà perdu 4.000 emplois (de 60.000 à 54.000), des chauffeurs pour l´essentiel.

Dans ce contexte, l´UPTR n´a pas manqué de relayer le fait que les transporteurs belges ont été exaspérés de constater que le Gouvernement fédéral a pris des mesures pour réduire les coûts de(s) (la) compagnie(s) aérienne(s) (nationale), au motif de la concurrence déloyale qu´exerce(nt) certaine(s) compagnie(s) étrangère(s), alors que, confrontés exactement aux mêmes difficultés, absolument rien a été fait pour les PME du secteur Transport.

L´UPTR regrette le populisme ambiant qui veut qu´on aide en priorité les métiers les plus ‘sexy’ aux yeux du grand public et de l´électeur lambda !

L´UPTR concède cependant que, si de manière globale, les hôtesses de l´air sont généralement plus ‘sexy’ que les chauffeurs routiers indépendants, elles ne payent cependant pas plus d´impôts en Belgique que les ‘ routiers´ (qui ne sont ‘sympa’ que lorsqu´il s´agit de mettre la main au portefeuille !).

Au terme de ce débat préélectoral, l´UPTR s´offusque du fait que les PME et les indépendants soient aujourd´hui courtisés par ceux-là même qui les ont matraqué ces derniers mois.

Le coût pour les PME de la fusion des statuts (et la perte du jour de carence) n´a même pas été chiffré. Il n´a pas plus été compensé d´une quelconque manière. Et il ne s´agit là que des plus récents exemples de nouvelles charges mises sur le dos des entreprises.

Les mesures électoralistes que le gouvernement actuel veut prendre, afin d´essayer de lutter contre le dumping social seront totalement contre-productives (l´amende pour défaut de lettre de voiture passerait de 55 à 1800 EUR). Elles passent complètement à coter de la cible.
Ils ne s´agit que de nouvelles amendes que supporteront les entreprises belges.

Rien n´a été fait pour lisser l´écart compétitif avec nos concurrents (même les plus proches), ce qui est pourtant le nœud fondamental du problème.

L´actuel plan ‘séduction’ du monde politique vis-à-vis des entrepreneurs et indépendants a donc quelque chose d´inconvenant. C´est un peu comme si les talibans se préoccupaient soudainement du sort des femmes battues.” …

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