Transport Vervaeke : dans le Top européen de l’ADR

 12/06/2019  Claude Yvens  Expertise Center, Trucks & Trailers, Fleet Management
Transport Vervaeke : dans le Top européen de l’ADR

Après avoir passé le cap des 80 ans d’existence, Vervaeke ne cesse d’affirmer son caractère familial et ses ambitions européennes. La manière dont le groupe belge a intégré la société néerlandaise Van der Lee en est un excellent exemple.

Avec 700 tracteurs homologués en ADR et une flotte de plus 1000 citernes de divers types, Vervaeke se considère comme l’un des quatre ou cinq plus grands transporteurs européens de produits dangereux. Cette spécialisation unique et exigeante ne date pas d’hier, comme nous l’a expliqué le CEO Frédéric Derumeaux.

Truck & Business : Quel a été le moment déterminant dans l’histoire de Vervaeke ?

Frédéric Derumeaux : En 1952, mon grand-père a été le premier à réaliser un transport de produits dangereux par la route. Il s’agissait d’une cargaison d’acide sulfurique à transporter entre une usine de Gand et le port d’Ostende, et les chemins de fer avaient un problème de capacité. Mon grand-père s’est attelé à la tâche, mais il n’existait à l’époque ni matériel routier et encore moins de normes ! Jusque-là, notre société familiale transportait surtout des produits agricoles, mais ce coup d’audace allait lui donner son caractère spécifique. Trois ans plus tard, Vervaeke utilisait ses premières citernes conçues pour le transport de produits corrosifs. En 1962, le transport de carburants est venu s’ajouter à une palette d’activités qui s’est entièrement concentrée sur la citerne à partir de 1978.

A la pointe de l’innovation

T&B : Faut-il constamment innover pour conserver sa place sur ce marché très concentré ?

Frédéric Derumeaux : Absolument. Nous avons été parmi les premiers à installer un ordinateur de bord dans nos poids lourds en 1990, et nous avons été un des tout premiers transporteurs à recevoir la certification ISO 9002 en 1991.

Le LNG, mais pas à tout prix

T&B : Un des aspects du Responsible Care est le respect de l’environnement. Où en êtes-vous depuis l’achat de vos premiers poids lourds au LNG ?

Frédéric Derumeaux : Nous avons été les premiers à utiliser un tracteur au LNG pour le transport ADR en Europe. Aujourd’hui, les données sont claires : dans notre branche, il est trop tôt pour la propulsion électrique, et le LNG induit un surcoût de 2 %. Si le client est prêt à payer un peu plus cher pour que nous roulions au LNG, nous sommes prêts à le faire. Mais il faut aussi tenir compte de l’impact opérationnel : un plein de LNG prend entre 20 et 25 minutes au lieu de dix minutes pour un moteur diesel. Ce n’est pas à négliger… L’hydrogène offre aussi des pistes intéressantes, mais il est beaucoup trop tôt. Dans un sens, c’est dommage… savez-vous que la production de certains produits chimiques à Anvers libère naturellement de l’hydrogène ? Dans le même temps, nous avons déjà beaucoup travaillé sur la réduction de nos consommations. Nous travaillons encore et toujours sur l’optimalisation des trajets, nous avons développé notre propre logiciel pour mieux exploiter la système I-See de Volvo, et nous analysons chaque mois la consommation de chaque chauffeur pour remettre le chauffeur en formation en cas d’écart. Globalement, nous avons l’ambition de réduire encore nos émissions de CO2 de 20 % en trois ans.

Du respect pour les chauffeurs

T&B : Quelle est votre stratégie actuelle de recrutement de chauffeurs ?

Frédéric Derumeaux : A un moment, nous avons été tentés de recruter des chauffeurs sans expérience, mais ce n’est pas l’idéal pour nous. Même si c’est plus difficile que par le passé, nous parvenons toujours à engager des chauffeurs expérimentés. Nous payons correctement, mais nous tenons aussi à témoigner aux chauffeurs le respect qu’ils méritent. Je continue par exemple à signer moi-même le contrat de chaque nouveau chauffeur. Je pense que nos chauffeurs apprécient l’encadrement qu’ils reçoivent chez nous, et cela se sait.

T&B : Avez-vous réussi à maintenir ces valeurs après la reprise de Van der Lee en 2017, qui vous amenait tout de même 400 personnes supplémentaires à gérer ?

Frédéric Derumeaux : Oui. Dès les premiers contacts, nous avions perçu que Van der Lee est une société familiale comme nous. Nous avons les mêmes valeurs, et la meilleure preuve en est que, à peine la reprise annoncée, les planificateurs des deux sociétés commençaient déjà à s’échanger des frets sans que nous ne l’ayons demandé. Sur un plan opérationnel, Van der Lee et Vervaeke se complétaient aussi parfaitement. Nous transportions grosso modo les mêmes produits, mais nous n’avions pas les mêmes clients. Avec Van der Lee, nous avons élargi notre réseau à une zone qui concentre 50 % de l’industrie chimique européenne, et notamment en Allemagne. Cela nous a permis de rendre nos lignes de transport plus efficaces, avec moins de kilomètres à vide. Aujourd’hui, nous sommes véritablement installés à la source de la production chimique.

T&B : Quelle est votre principale ambition pour les années à venir ?

Frédéric Derumeaux : Continuer à nous développer tout en restant une entreprise familiale et même, j’ose le dire, une grande famille.

Photo : Arnaud Siquet

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