Trans RD Logistics, délibérément léger

 24/06/2019  Pieter Jan Ghysens  Expertise Center, Trucks & Trailers
Trans RD Logistics, délibérément léger

Trans RD Logistics a été fondée en 1976 par Roger Rits, qui a débuté en indépendant complémentaire dans le transport de peintures et de vernis industriels. Il effectuait des allers-retours entre un atelier de vernissage et une usine de meubles au volant d’une camionnette Mercedes. Deux ans plus tard, la camionnette faisait déjà place à deux camions. Depuis, l’activité a été recentrée sur la distribution pour les magasins de bricolage.

Le fils aîné de Roger, Gunter, fait son entrée dans l’entreprise en 1982 et la reprend officiellement en 2000. Peu de temps après, ses frères Werner et Eric le rejoignent, après avoir longtemps travaillé dans l’atelier. Les trois frères sont toujours aux commandes en 2019 et ont su insuffler un esprit familial à Trans RD Logistics. La formule est intacte : ponctualité, rapidité, efficacité, service personnalisé et sens du détail, sans oublier une véritable passion pour le transport.

De la distribution au stockage de peinture

Le cœur de métier de Trans RD Logistics n’a pas changé non plus : le stockage et le transport de peintures et de vernis destinés aux magasins spécialisés. Tant le parc que les infrastructures ont évolué dès les années 1980 afin de répondre à la demande. « Nous avons démarré avec un hangar ouvert, que nous avons d’abord transformé en un entrepôt de 600 m2, avant de l’agrandir pour obtenir une surface actuelle de 5.000 m2 », confie Gunter Rits, directeur général. « La distribution de peinture n’est pas un métier facile. Les pots peuvent vite se renverser si le chauffeur n’a pas d’expérience. Nous nous limitions auparavant à la distribution, mais nous avons rapidement étendu notre service au stockage et à la logistique pour nos clients qui n’ont plus besoin que d’un simple bureau en Belgique. Nous prenons en charge le stockage, la préparation des commandes, l’assemblage et la distribution pour leurs clients. Nous ajoutons aussi une touche de logistique à valeur ajoutée : nous livrons souvent les détaillants de bricolage et montons régulièrement dans nos entrepôts les présentoirs qui atterrissent dans leurs magasins. 9 clients sur 10 sont des producteurs issus du Benelux et de France, mais notre clientèle comprend également un grand fabricant local de sauces par exemple. Le défi logistique est similaire puisque les sauces sont également vendues dans des grands pots », explique Gunter.

Gunter Rits et ses frères ont repris les rênes de l’entreprise en 2000 en succédant à leurs parents.

Délibérément léger

« Nous faisons en sorte de limiter notre croissance et de conserver ce côté familial et agréable », affirme Gunter. « La troisième génération est en marche. Nos enfants ne partageront peut-être pas notre vision, mais mes frères et moi estimons que l’entreprise peut aisément maintenir ce cap dans le futur ». « Nous avons délibérément opté pour des camions ultralégers afin de maximiser la charge utile et de minimiser la consommation. Nous compensons en quelque sorte le poids de la peinture, qui n’est pas le matériau le plus léger à transporter. Cela coûte plus cher à l’achat, mais c’est un effort qui s’amortit quoiqu’il arrive. De plus, nos camions sont utilisés de façon durable puisqu’ils roulent quotidiennement pendant 6 ans avant de servir de véhicule de réserve pendant 1 ou 2 ans. » « Bien que nos chauffeurs ne roulent que de jour et dans le Benelux, nous pensons à leur bien-être en leur offrant une cabine-couchette. Il est essentiel de prendre soin de ses collaborateurs. Nous employons quatre magasiniers et sept chauffeurs qui nous sont fidèles depuis des années, et c’est une grande fierté pour nous. La plupart de nos employés travaillent chez nous jusqu’à leur pension. C’est aussi notre atout en tant que petite entreprise familiale : nos collaborateurs font partie de la famille. Ils peuvent toujours se tourner vers moi ou mes frères pour toute question. »

Retour en Belgique à 60 km/h

« Nous formons nous-mêmes les nouveaux chauffeurs. Un contrôle rigoureux du chargement est nécessaire avant le départ pour vérifier l’arrimage. En général, les chauffeurs ne renversent qu’une seule fois de la peinture. Le nettoyage est tellement pénible que cela leur sert de leçon », plaisante Gunter. « Je roule d’ailleurs encore régulièrement moi-même. C’est important de garder le contact avec la distribution. Mon trajet le plus inoubliable ? Dans les années 1980, avant l’euro et le GSM, je me suis rendu au Danemark avec du matériel d’exposition pour un client. Un collègue m’avait dit qu’au Danemark, l’aller-retour en ferry me coûterait environ 5.000 francs belges. J’avais également pris 5.000 francs pour l’essence. J’ai déchanté lorsque je suis arrivé au ferry : 4.500 francs pour l’aller et pareil pour le retour, et j’avais déjà fait le plein pour 1.000 francs. À l’époque, presque personne n’acceptait les paiements par carte. Pour rentrer en Belgique, j’ai roulé à 60 km/h sur l’autoroute pour consommer le moins possible. Je suis finalement tombé en panne dans l’allée de notre entrepôt », raconte Gunter.

Efficacité

« Tout a bien changé depuis. Aujourd’hui, nous suivons tous les trajets grâce à Globespot et on ne peut plus s’en passer. Je suis mes chauffeurs en continu et je les appelle même régulièrement pour leur conseiller de changer d’itinéraire si je repère des embarras de circulation quelque part. Les problèmes de mobilité sont en effet très contraignants. Tout le monde a une voiture de société, et nos routes deviennent saturées. Autrefois, on pouvait faire 20 à 25 livraisons par jour, contre seulement 15 à 20 désormais, uniquement à cause des embouteillages. Cela représente beaucoup de travail, surtout si on est une entreprise sérieuse, qui travaille avec de bons chauffeurs et qui offre à ses clients le service qu’ils méritent. Il est vrai que les prix augmentent, mais les coûts grimpent aussi considérablement à cause des embouteillages. C’est pourquoi nous misons autant que possible sur l’efficacité et la réduction des trajets à vide. La technologie évolue pourtant si vite : nous conduirons peut-être bientôt tous sur la bande de gauche dans un véhicule autonome, qui sait ? », conclut Gunter.

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