Trailers 4.0 : Quand la marchandise communique

 06/09/2018  Claude Yvens  Trucks & Trailers
Trailers 4.0 : Quand la marchandise communique

Seuls quatre ou cinq constructeurs de matériel tracté proposent aujourd’hui un service télématique digne de ce nom. C’est pourtant dans la semi-remorque que se trouve la marchandise dont le client veut connaître l’heure d’arrivée. Vous avez dit bizarre ?

A l’heure actuelle, le degré de suivi à distance de la semi-remorque dépend largement de la nature des marchandises transportées. Et les constructeurs de semi-remorques ne sont pas les seuls sur le marché, puisque Michelin Solutions, avec Effitrailer, propose déjà un suivi technique global de la semi.

Business Case

“Le nombre d’éléments connectés va augmenter, tout comme la fréquence et le volume des données fournies,” prédit Peter Bal (Vice President and Business Unit Leader Digital Services chez Wabco). “Notre métier consistera à intégrer ces données directement dans les logiciels existants du transporteur ou du gestionnaire de flotte, tant il est certain que ceux-ci n’ont pas envie de passer d’un système à l’autre. Nous sommes par exemple en train de développer des projets d’entretien préventif su le système de freinage avec quelques grands clients européens. Le tout est d’arriver à un ‘business case’ qui tienne la route pour nous et pour le client.”

Ces services d’entretien préventif pourraient-ils s’étendre à terme à des interventions ou des mises à jour à distance ? “Techniquement, il est possible de procéder à des mises à jour de plusieurs systèmes ‘over the air’, mais nous parlons ici de systèmes qui jouent un rôle crucial pour la sécurité routière. Nous devons par conséquent être particulièrement prudents dans ce que nous mettons sur le marché », poursuit Peter Bal.

Pour obtenir un suivi global de toute la semi-remorque, il faudrait encore combiner les informations transmises par les trains roulants, les pneumatiques, les capteurs d’ouverture de porte, les éventuels capteurs/enregistreurs de température et les éventuels groupes frigorifiques. Rien d’impossible, mais autant de partenaires qui voudront retirer un certain bénéfice de ce partage de données. A nouveau, la question se posera aussi de savoir qui ‘vend’ la solution à l’utilisateur final. Les paris sont ouverts…

« Les grandes flottes de location sont évidemment celles qui retireront le plus grand bénéfice d’un tel suivi transversal, puisque le nombre de semi-remorques justifiera les efforts consentis. Mais, à terme, je pense que les plus petites flottes pourront également en profiter », conclut Peter Bal.

L’autre domaine dans lequel la semi-remorque doit encore apprendre à communiquer est le chargement lui-même. Comme on le verra au chapitre ‘bourse de fret 4.0’, un espace de chargement qui donnerait en temps réel des informations fiables sur sa surface libre au sol et sur sa réserve en charge utile pourrait rendre beaucoup plus dynamiques les outils de planification, voire les places de marché numériques.

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