Symposium DEKRA sur l’arrimage : vivement une norme européenne

 16/11/2011  Claude Yvens  Expertise Center
Symposium DEKRA sur l’arrimage : vivement une norme européenne

S’il est une conclusion que l’on peut tirer du symposium sur l’arrimage organisé par DEKRA début octobre, c’est que tous les intéressés réclament à cor et à cri l’élaboration d’une norme européenne. Pour l’heure, il n’y a qu’une directive facultative, ce qui ne favorise ni la sécurité, ni la concurrence, ni la transparence.

La sécurisation du chargement est d´actualité, mais elle achoppe sur le manque de normes légales. Au niveau européen, elle n´est régie que par une recommandation, de surcroît facultative. En clair, chaque pays peut imposer ses règles. De tous, c´est l´Allemande qui se montre la plus stricte.

La norme allemande DIN (VDI 2700-2) peut servir d´exemple aux autres pays. Elle diffère surtout de la recommandation européenne (EN 12195-1) par le coefficient de frottement qu´elle fixe pour les matériaux antiglisse : il aurait pour effet de réduire le nombre de sangles nécessaires.

Cette disparité est problématique. Les transporteurs, les chargeurs et, très certainement, les organismes de contrôle réclament instamment que l´on clarifie la situation, qu´il n´y ait plus qu´une seule norme. On éviterait ainsi les litiges, d´une part, et tout le monde serait sur un pied d´égalité, d´autre part. De plus, les normes doivent être en phase avec la pratique et économiquement tenables sous l´angle tant de l´acquisition du matériel que du temps requis pour le mettre en œuvre. En effet, l´arrimage du chargement peut durer plus longtemps que le trajet lui-même si celui-ci est court.

L´Allemagne en pointe

En Allemagne, les premières normes remontent à 1999. Douze ans plus tard, l´idée a fait son chemin et porte déjà ses fruits. A peine 1 % de tous les accidents sont dus à des problèmes d´arrimage. « Mais il y a toujours moyen de faire mieux », explique Rolf Jansen, de l´Institut für Distribution und Handelslogistik du VVLe.V., à Dortmund. « Maintenant, il faut mettre l´accent sur l´internationalisation. Il y a encore des excès, une certaine nonchalance et des véhicules mal chargés. L´arrimage doit devenir un volet à part entière de la politique des entreprises. »

Klemens Grosse-Vehne, propriétaire de la société de transport éponyme, plaide pour un sens accru des responsabilités, également vis-à-vis des autres usagers de la route. « Une remorque conforme à la norme EN 12642 XL (sécurisation par blocage) ne représente qu´un surcoût de 553 EUR par véhicule. Dès lors, ces véhicules devraient devenir la norme, y compris dans les pays d´Europe de l´Est. À défaut, il y aura distorsion de concurrence. »

Il préconise donc d´investir systématiquement dans de nouveaux équipements en version EN 12642 XL. Inutile de penser à revaloriser du vieux matériel, car cela représente une dépense de 4500 à 5000 EUR par véhicule. Le groupe Grosse-Vehne (700 trains routiers et CA de 2,25 milliards EUR par an) investit annuellement 450.000 EUR dans du matériel neuf et de remplacement pour sécuriser ses chargements.

En quoi un entrepreneur de transport belge doit-il donc investir ? S´il roule outre-Rhin, les choses sont claires : les normes locales (DIN EN 12195-1) s´appliquent. Sinon, il a aussi la possibilité de s´aligner sur la directive européenne (EN 12195) qui est moins sévère et exige un équipement moins onéreux. Mais, à long terme, il vaut peut-être mieux investir dans du matériel et des équipements conformes à la norme la plus rigoureuse, car c´est sur elle que le cadre juridique européen devrait être calqué.

Qui est responsable ?

Les lois sur la coresponsabilité font que le chauffeur n´est désormais plus seul responsable de l´arrimage du chargement. Il reste responsable de son véhicule et de sa cargaison. Au demeurant, cela peut poser problème, car nombre de chauffeurs attellent des semi-remorques déjà chargées (plombées par la douane, par exemple) et n´ont donc pas la possibilité de contrôler la fixation des marchandises.

Au propriétaire du camion, il incombe de fournir des véhicules adaptés (EN 13642), des moyens suffisants pour fixer le chargement et la formation de la main-d´œuvre (chauffeur, personnel intervenant dans le chargement). Enfin, le chargeur est responsable du choix du transporteur et du véhicule et doit procéder dans les règles. Une bonne part des pertes de chargement est surtout due aux entrepreneurs et aux petites entreprises qui ne sont pas encore complètement en ordre.

En Allemagne, un train routier non conforme peut être immobilisé à la suite d´un contrôle, et ce, jusqu´à ce que son chargement ait été dûment sécurisé. Sans compter que le chauffeur risque une amende de 270 à 325 EUR, plus trois points de pénalité et que le propriétaire du véhicule écopera de 10 à 50 EUR d´amende et le chargeur, de 50 EUR. En cas d´accident et de dommages matériels, les amendes grimpent à 300 EUR pour le chauffeur et à 100 EUR pour le propriétaire et pour le chargeur. Et si l´accident provoque des lésions corporelles, le Code de la route allemand prévoit une amende et des peines de prison.

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