Situation très tendue aux frontières à cause de la taxe kilométrique

 01/04/2016  Claude Yvens  Economie
Situation très tendue aux frontières à cause de la taxe kilométrique

Des centaines de chauffeurs étrangers sont bloqués sur les parkings frontaliers, en attendant de pouvoir entrer sur le territoire belge avec un OBU opérationnel. Reportage sur le parking de Lichtenbusch, sur la E40 entre Aachen et Liège…

Des camions garés n’importe où, jusqu’à un kilomètre le long de l’autoroute, des dizaines de chauffeurs pateaugeant parfois dans la boue devant l’un des trois distributeurs d’OBU, des chauffeurs énervés sortant de leur cabine avec un OBU ‘qui ne fonctionne pas’… la situation est très tendue ce matin à Lichtenbusch. Il faut plusieurs minutes pour mettre son inscriptuion en ordre, et la file d’attente s’allonge rapidement, jusqu’à ce que le distributeur soit vide. Pendant ce temps, des dizaines d’autres camions franchissent la frontière sans s’arrêter.
Parmi les chauffeurs bloqués (dont pas mal ne sont pas au courant, ou sont très mal informés), c’est la colère qui domine. “C’est le chaos, dit un chauffeur roumain qui travaille pour une société portugaise. Mon patron avait commandé ses OBU il y a deux mois, et il n’a rien reçu. Et maintenant, je suis obligé de faire la file dans le froid. Ma journée est perdue !” Sur le parking, une équipe mobile tente d’assister les chauffeurs, mais la barrière de la langue est parfois difficile à franchir (nous n’avons pas vu trace des brochures en 12 langues éditées par Satellic). Ce n’est pas du personnel de Satellic, mais de la société Field & Concept (des spécialistes du ‘field marketing’), bien que leurs vestes soient marquées au logo de Satellic. C’est la même société qui vient faire le réassortiment des distributeurs. Ils sont bien incapables de répondre à la principale interrogation des chauffeurs : est-ce que les contrôles commenceront déjà aujourd’hui, est-ce que les amendes de 1000 euros sont déjà dues (ils ne sont pas là pour ça, il est vrai) ? Pas trace d’un seul véhicule de la Région Wallonne…
“Nous avons tout fait pour livrer les OBU qui avaient été commandés à temps, explique le porte-parole de Satellic Benoit Lempkowicz. Evidemment, nous n’avons pas nécessairement pu livrer des OBU commandés après le 20 mars dans les coins le splus reculés de l’Europe. Je ne peux pas garantir que 100 % des OBU ont été livrés.” D’autant plus que certains expressistes ont, parfois, égaré l’un ou l’autre colis (un transporteur présent sur le parking n’avait reçu qu’un des deux OBU qu’UPS devait lui livrer avant-hier).

 

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UTA à l’oeuvre

Un peu plus loin sur le parking, d’autres chauffeurs attendent devant le van d’UTA. La société allemande a pris le risque de faire préenregistrer des clients pour obtenir une UTA Box (en fait, un OBU Axxès ‘pesonnalisé’), sans savoir si l’appareil d’Axxès serait autorisé le 1er avriol. Depuis ce matin, c’est le cas, mais al logistique n’a pas suivi. Ingo Tulodetski, qui dirige la société Tulogistik à Alsdorf, assiste, désolé, à ce qu’il considère comme une catastrophe : “Nous avons commandé nos OBU en février, mais nous n’avons rien reçu. Hier, un de mes employés a passé des heures sur le parking sans résultat. Le call center est complètement saturé, il faut attendre une heure et demi pour avoir un correspondant, et ensuite on n’a que huit minutes pour résoudre notre problème.”

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