Pénurie de chauffeurs : la croissance des transporteurs belges muselée

 30/11/2017  Claude Yvens  Economie, HR, Etudes
Pénurie de chauffeurs : la croissance des transporteurs belges muselée

Première conclusion du Truck & Business Barometer : la pénurie actuelle de chauffeurs est un frein majeur à la croissance des entreprises de transport routier belges.

Le Truck & Business Barometer mesure la pénurie de chauffeurs depuis plusieurs années selon la même méthodologie, deux fois par an. Les résultats du baromètre réalisé en novembre sont sans appel et confirment ceux du Baromètre d’avril : 69.1 % des transporteurs sondés déclarent souffrir d’un manque de chauffeurs, et ce chiffre monte à 87.2 % si l’on inclut les entreprises où le risque de pénurie est considéré comme sérieux à court terme.

10 % de la demande non satisfaite

Pour la première fois, nous avons également mesuré l’impact de cette pénurie de chauffeurs sur la capacité des transporteurs belges à répondre à l’augmentation de la demande en transport. Cet impact est gigantesque : là où les transporteurs sondés s’attendent à voir les volumes de transport augmenter de 4.8 % en 2018, ils pensent que le manque de chauffeurs les empêche de grandir de 10.3 %. Dans ce contexte, les transporteurs belges restent cependant offensifs : 42.9 % d’entre eux annoncent investir dans l’extension de leur flotte (soit huit points de plus qu’il y a six mois), mais c’est surtout le recours à la sous-traitance qui connaît un subit regain de popularité : 53.5 % des transporteurs sondés déclarent envisager cette piste (+ 25 points par rapport à avril 2017).

La solution vient-elle de l’étranger ?

Il n’existe évidemment aucune solution toute faite au problème, et, plus que jamais, chaque entreprise essaie de s’en sortir mieux que sa voisine. Le recours à des chauffeurs étrangers sous payroll belge, en tout cas, est toujours considéré par certains transporteurs comme la seule solution à court terme, mais d’autres (une minorité), considèrent que cette solution est de plus en plus difficile à mettre en place puisque la baisse continue du taux de chômage en (ou dans certaines régions de) Pologne, Hongrie ou Slovaquie amène les travailleurs détachés à retourner dans leur pays trouver un travail de mieux en mieux rémunéré. Et parmi les participants au Baromètre qui possèdent une filiale à l’étranger, le constat est clair : les frais y augmentent sans arrêt, sous la pression des salaires.

 

 

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