Montea Inspiration Day: Evoluer avec le retail

 09/03/2016  Claude Yvens  Economie, Logistics
Montea Inspiration Day: Evoluer avec le retail

Montea Inspiration Day

Les évolutions dans le secteur du retail et leur impact sur la logistique étaient à l’honneur lors du Montea Inspiration Day.

 

Roel Naessens, retail & travel manager chez Google, a évoqué le rôle que jouera le géant de l’internet  dans le commerce en ligne. Aux États-Unis, Google a en effet lancé un service de livraison gratuite qui permet à l’internaute de faire ses achats auprès de toute une série de magasins populaires et d’être livré au moment où il le souhaite.

Plus près de chez nous, en Allemagne, DocMorris s’est taillé une place de choix dans le milieu de la pharmacie en ligne. Le CEO Olaf Heinrich nous explique comment il développe les activités de son entreprise en fonction du comportement et des souhaits du client. « Nos activités sont basées sur les données. Nous suivons et analysons tous les paramètres possibles afin d’améliorer nos services. Nous avons par exemple lancé un service sur les interactions médicamenteuses. Lorsqu’un client commande plusieurs médicaments chez nous, nous attirons son attention sur les risques possibles d’une utilisation combinée. Je pense qu’à l’avenir, l’utilisation des appareils mobiles aura un impact énorme. »

Peter Van den Houtte, économiste en chef d’ING, aborde ensuite l’impact de l’e-commerce sur les paramètres macro-économiques. Il souligne que le ratio de productivité dans le secteur du détail est beaucoup plus élevé aux USA qu’en Europe. Ceci s’explique notamment par les opérations d’envergure comme celles menées par Walmart, mais aussi par le développement récent des entreprises d’e-commerce. À l’échelle internationale, la Belgique fait pâle figure avec ses petits 6,4 % de biens et services achetés sur Internet, contre 11,5 % pour la Chine, par exemple.

Jan Van Roey, country managing director de la nouvelle division Parcel de DHL Benelux, prend la parole pour le secteur logistique. Il est très attentif aux évolutions internationales dans le domaine de l’e-commerce. Bonne nouvelle de son côté : selon de récentes études menées par AT Kearny sur l’attractivité d’un pays pour les activités d’e-commerce, la Belgique a subitement gagné 15 places dans le classement. En effet, le comportement des consommateurs a récemment évolué et les Belges se sont mis à acheter beaucoup plus sur internet. Le potentiel de l’e-commerce dans notre pays est donc très attrayant. De plus, la Belgique dispose déjà de l’infrastructure pour la mise en place de services de qualité.

Il passe ensuite en revue les aspects spécifiques de l’e-commerce. La livraison gratuite reste le Saint Graal, mais il existe des différences importantes entre les USA et l’Europe. « L’Europe fait comme si tout devait être gratuit. Aux USA, il est très courant de n’offrir la livraison gratuite qu’à partir d’un certain montant. La grande majorité des utilisateurs veillent alors à atteindre cette somme. »

Van Roey pointe une autre différence, dans le délai de livraison : aux USA, le consommateur peut sans problème attendre deux jours pour une livraison, un délai de 7 jours étant considéré comme la limite absolue.

Jan Van Roey relève aussi la montée en puissance des plateformes de vente. Un utilisateur sur trois commence ses recherches sur Amazon. Aux Pays-Bas, Bol.com compte aujourd’hui plus de 3 millions de clients grâce à une campagne publicitaire intensive. En Chine, Alibaba représente 80 % du chiffre d’affaires dans l’e-commerce alors qu’il n’a pratiquement aucun stock et n’est qu’un intermédiaire. Pour répondre à cette évolution, DHL a lancé sa propre plateforme : Allyouneed.com.

Enfin, DHL se montre très vigilant par rapport à l’ubérisation de la logistique. Des start-ups invitent les consommateurs et citoyens à transporter des colis afin de compléter leurs revenus. DHL a lancé un service similaire à Stockholm : via l’app MyWays, le consommateur indique où, quand et comment il souhaite récupérer son colis. Il peut aussi se porter candidat « livreur » pour d’autres internautes.

Stefaan Vandist, observateur chez Studio Spark, nous parle d’une nouvelle tendance dans le secteur alimentaire. Certains projets très concrets visent à cultiver des plantes potagères à l’intérieur. Il faut donc être attentif à bien hydrater et nourrir la plante, mais aussi et surtout à ce qu’elle bénéficie d’une bonne exposition. D’après les tests réalisés, cette méthode permettrait de faire pousser des plantes jusqu’à leur plein potentiel. En effet, les fruits atteindraient une taille et une forme pratiquement identique à ceux cultivés en plein air. Stefaan Vandist ajoute qu’une très grande chaîne de supermarchés néerlandaise vendra dès l’an prochain des tomates cerise cultivées selon ce principe. Mais à plus long terme, les familles et les cuisines de collectivité pourront également faire pousser leurs propres légumes à l’intérieur. Cela rendrait superflue toute une chaîne logistique.

Peter Ooms

 

Exergue: Des études récentes sur l’attractivité d’un pays pour ses activités d’e-commerce ont montré que la Belgique avait subitement gagné 15 places.

Foto 1: Le Montea Inspiration Day s’est tenu à Malines, au Centre Lamot.

Foto 2: Les intervenants : Roel Naessens (Google), Peter Van den Houtte (ING), Olaf Heinrich (DocMorris),  Jan Van Roey (DHL Parcel), Stefaan Vandist et Jo De Pauw (Montea).

 

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