Marché de l’occasion: le jeune tracteur a la cote

 04/09/2015  Claude Yvens  Expertise Center
Marché de l’occasion: le jeune tracteur a la cote

« Stable ». C’est ainsi qu’une majorité des constructeurs et plusieurs sociétés de vente indépendantes qualifient le marché de l’occasion poids lourds en Belgique. Le jeune tracteur a la cote, même à l’étranger.

Comment se porte le marché de l’occasion poids lourds en Belgique ? La majorité des constructeurs, de même que plusieurs sociétés de vente indépendantes, le qualifie de stable, voir en hausse. « Il y actuellement de gros besoins de transport en Belgique et cela se traduit par de beaux résultats de vente », note Scania. « Le niveau de vente de nos véhicules d’occasion est relativement stable ces dernières années », assure Iveco. « Le marché de l’occasion est stable, la demande pour des marques fortes reste bonne », poursuit Volvo Trucks. « La vente d’occasion est en hausse grâce à une demande croissante pour les jeunes tracteurs d’occasion mais aussi grâce à leur disponibilité sur le marché belge », précise Mercedes-Benz. « Le marché de l’occasion belge est en pleine croissance. Au cours des dernières années, il a gagné en importance », assure MAN. « Nous estimons que le marché est resté constant ces derniers temps », déclare The Truck Company (Turbo’s Hoet). « Le marché est relativement stable depuis 2012 », précise Hocké. « Stationnaire en 2013-2014, le marché est en baisse depuis décembre 2014. Seuls les véhicules de maximum 3 ans et 300.000 km sont recherchés », note toutefois Renault Trucks.

occasion (2)

L’oiseau rare

Quel véhicule est-il en tête des ventes sur le marché belge ? Si chaque marque a ses leaders, elles notent toutes des grandes tendances. Parmi celles-ci, on retrouve le tracteur d’environ 3 ans et de 300.000 à 400.000 km maximum. C’est le profil qui se vend le mieux en Belgique actuellement. « Nous vendons surtout de jeunes tracteurs 4×2, avec un faible kilométrage (maximum 350.000 km). La majorité de ces tracteurs sont vendus avec un an de garantie sur la chaîne cinématique », détaille Scania.

« Le marché se caractérise actuellement par une forte demande pour les jeunes camions d’occasion. Il faut dire qu’un jeune tracteur ou camion avec un faible kilométrage est une véritable alternative à un nouveau véhicule. D’autant plus car les services qui sont offerts sur un nouveau véhicule sont souvent aussi d’application sur les véhicules d’occasion », développe Mercedes-Benz.

« Les tracteurs avec un moteur Euro 5 et un faible kilométrage, c’est ce qui a le plus de valeur par rapport au prix d’achat », confirme Hocké. « De 2012 à 2014, nous avons connu une forte demande pour les jeunes véhicules d’occasion Euro 5, mais en 2015 la demande diminue », ajoute DAF. « Les normes Euro deviennent en effet toujours plus importantes sur le marché de l’occasion », précise Volvo Trucks.

A côté de ce profil de tracteur fort demandé, d’autres types de véhicule se vendent bien sur le marché de l’occasion. « Les véhicules spécifiques comme les porte-conteneurs 6×4, les grues avec plateau/benne restent une valeur sûre », assure Renault Trucks. « Chez nous, ce sont les tracteurs qui ont entre 3 et 5 ans et un kilométrage de 600.000 à 700.000 km qui se vendent le mieux », ajoute Iveco.

Les aspects les plus importants pour déterminer la valeur d’un véhicule restent, eux, les mêmes : kilométrage, âge, puissance, boîte de vitesse et bien sûr état technique et état d’entretien.

 

Prix stables

Les prix pratiqués sur le marché belge sont globalement stables. « Les prix ont eu tendance à se maintenir en 2013-2014 avec une légère augmentation sur le segment des tracteurs de moins de 3 ans et de moins de 300.000 km », note Renault Trucks. « Les prix de tracteurs routiers sont stables depuis 2012 », déclare Hocké. « Les prix du marché restent stables et, s’ils ont déjà été influencés, c’est par des facteurs externes comme le taux de change ou la stabilité (ou instabilité) politique, économique ou sociale de certaines régions », assure Mercedes-Benz. « Les prix des véhicules d’occasion suivent toujours la tendance des nouveaux véhicules. En période de pénurie et de longs temps d’attente pour un nouveau véhicule, les prix des véhicules d’occasion augmentent. Ce qui est aussi le cas lorsqu’une nouvelle technologie arrive sur le marché (exemples avec l’arrivée du tachygraphe digital ou plus près de nous des Euro 6) », développe MAN.

« Compte tenu de la crise économique, il y a une pression sur les prix », déclare de son côté Iveco, rejoint par DAF. « Le jeune matériel a jusqu’à aujourd’hui gardé sa valeur. Mais nous nous attendons à ce que les problèmes en Russie aient pour conséquence une réelle diminution de la valeur des jeunes véhicules d’occasion : avec l’augmentation des faillites, il devrait y en effet avoir beaucoup de ruptures de contrats de leasing et donc de matériel remis sur le marché », explique The Truck Company.

occasion (3)

Exportations : les avis divergent

Sur le marché à l’exportation, les avis divergent. « Le marché des exportations est stable mais il se développe. La Pologne, par exemple, était et reste un grand marché pour notre division occasion. Mais nous remarquons que, ces dernières années, il y a de plus en plus de nouveaux camions vendus en Pologne, ce qui a évidemment un impact sur le marché de l’occasion », déclare Scania. « Les pays de l’Est restent la destination n°1 et, depuis un an, le marché espagnol a légèrement repris. Celui de l’Afrique du Nord, lui, reste fébrile », soutient Renault Trucks. « La demande vers des pays comme l’Ukraine, la Pologne ou la Russie s’est effondrée. Par contre, des marchés comme l’Afrique, l’Amérique du Sud et le sud de l’Europe évoluent positivement », affirme The Truck Company. « Depuis 2012, le marché des exportations est stable. Les pays de l’Est achètent beaucoup de matériel récent (de 1 à 3 ans). Hors Europe, les véhicules vendus sur les marchés que nous exploitons actuellement ont entre 5 et 10 ans », estime Hocké. « L’exportation est en hausse depuis début 2015, on exporte aussi des véhicules au faible kilométrage », assure DAF.

Exportations : moyenne d’âge élevée

Si l’étranger achète des véhicules récents, la moyenne d’âge à laquelle les véhicules quittent le territoire belge pour être exporté reste tout de même élevée. « Les tracteurs quittent le marché belge à partir de 6 ans ou 600.000 km, nous roulons bien plus longtemps avec les véhicules qu’avant 2009 », notent Volvo Trucks et Mercedes-Benz.

« Plus de 5 ans et 500.000 km », pour DAF. « A environ 7-8 ans et à partir de 700.000 km », déclare Scania. « 5 ans et 450.000 km pour les tracteurs mais 7 ans et 600.000 km pour les porteurs. La moyenne est à la baisse en raison des normes Euro. Un Euro 3-4 n’a plus beaucoup de valeur en Europe », ajoute Renault Trucks. « Les enchérisseurs d’Afrique, d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient essayent surtout d’acheter des véhicules qui sont moins attractifs sur le marché local, et ce, indépendamment de la marque, du modèle, de l’année de construction ou du kilométrage », conclut Ritchie Bros.

occasion (1)

L’avenir de l’occasion

Comment les constructeurs et les sociétés de vente indépendantes voient-elles l’avenir du marché de l’occasion dans les 2 prochaines années ?

> The Truck Company : « Nous ne nous attendons pas à de grands changements. »

> Scania : « On s’attend à ce que le marché pour les jeunes camions d’occasion reste stable ou s’agrandisse légèrement. »

> Mercedes-Benz : « Aucun changement à court terme n’est attendu, que ce soit sur le marché belge ou à l’exportation. A long terme par contre, nous nous attendons à certains défis, plus spécifiquement en ce qui concerne l’exportation : la croissance du marché de l’occasion sur d’autres continents (et donc une concurrence croissante), l’impact des Euro VI et les changements de législation possibles (par exemple restriction à l’importation pour les véhicules d’un certain âge). »

> Volvo Trucks : « Si les normes Euro prennent aussi de l’importance en Belgique et en France (comme c’est déjà le cas en Allemagne et dans certaines villes et ports hollandais comme Maasvlakte), nous pensons que les véhicules vendus sur le marché de l’occasion seront de plus en plus jeunes. »

> Renault Trucks : « Le marché européen devrait rester fébrile, par contre il y aura un potentiel sur l’Irak, la Syrie et l’Egypte lorsque les tensions seront apaisées. »

> MAN est très optimiste : « Nous voyons un marché belge de l’occasion en pleine croissance. Beaucoup de clients optent actuellement pour de nouveaux véhicules qu’ils prévoient d’utiliser, moyennant un coût fixe, pendant une période définie (système TCO). Ces véhicules reviendront ensuite à notre service occasion, ce qui fera augmenter notre offre de jeunes camions d’occasion. Des véhicules qui représentent une bonne alternative à l’achat de matériel neuf. »

Marché de l’occasion – Le jeune tracteur a la cote

TWEEDEHANDSMARKT

 

Vous ne recevez pas encore notre newsletter hebdomadaire ? Inscrivez-vous ici !