TRANSPORT Management 98 (septembre 2018)

 12/09/2018  ccluyten  


Une Europe à deux vitesses

Comme à l’accoutumée, j’ai eu l’envie de de partager avec vous mes impressions sur quelques sujets qui ont émaillé l’actualité de votre secteur ces temps derniers. N’hésitez pas à nourrir en retour mes réflexions de vos commentaires/critiques/remarques…

L’imagination au pouvoir. Inutile d’une fois encore vous sensibiliser au manque cruel de chauffeurs dont souffre le secteur. Face à ce problème de taille, les transporteurs – du moins certains d’entre eux – ont décidé de faire preuve de créativité. Ainsi Xwift qui, confronté à la nécessité de trouver 15 chauffeurs d’ici la fin de l’année suite à une augmentation de 30 % de son chiffre d’affaires, a décidé de mettre en place un bel incitant. Tout chauffeur qui, après au moins deux ans de service, aura obtenu un bon score en conduite économique et pourra faire valoir de bonnes statistiques d’accidents recevra… une voiture de société ! Une bien belle carotte qui risque pourtant de faire grincer les dents de certains confrères, soucieux de conserver leur propre personnel roulant… Autre initiative, du côté de TDL Group cette fois. L’entreprise de Houthalen est ainsi la première à appliquer un principe – le lien direct entre le salaire et le système de classification des fonctions – pour lequel un consensus entre les partenaires sociaux existe depuis… 2014 ! Concrètement, le salaire est déterminé en fonction du degré de professionnalisme du chauffeur et plus en fonction de la masse maximale autorisée du camion. Chez TDL, ce changement va permettre à certains des 320 chauffeurs de bénéficier d’une augmentation pouvant aller jusqu’à 2 euros bruts par heure. De plus, TDL met en place des primes supplémentaires : prime de nuit, de flexibilité (travail pour plusieurs business units) ou encore pour les chauffeurs qui forment les débutants.

Des chiffres qui inquiètent. En un an, le cabotage a augmenté de 17 % dans l’Union européenne (source Eurostat). Et le plus préoccupant, c’est que les caboteurs des nouveaux états membres ont vu leur part augmenter de 25 % – jusqu’à représenter 71 % de toutes les opérations de cabotage -, là où celle de la Vieille Europe stagne. Plus inquiétant encore : là où les Belges affichent une baisse de 26 %, leurs collègues croates affichent un taux de croissance insolent de 308 % pour 83 % aux Lituaniens et 38 % aux Polonais. D’où la sonnette d’alarme tirée par Febetra face à la réalité d’un Vieux continent à deux vitesses : « Toute libéralisation plus poussée du cabotage ne peut aboutir qu’à une véritable catastrophe pour les transporteurs d’Europe occidentale en général, et pour les transporteurs belges en particulier. »

L’économie collaborative a-t-elle un avenir dans le transport routier ? C’est la question à laquelle la VIL entend répondre au travers d’un projet initié avec 8 huit entreprises de transport (Deny, Eutraco, Exsan, De Clercq, Remitrans, Lux, Vanschoonbeek et Vincent Logistics). Ce projet est parti d’un sondage qui a révélé que 50 % des sondés reconnaissaient que leurs moyens de transport sont parfois à l’arrêt en dehors des heures de pointe. Un système de « fleet sharing » serait-il de nature à apporter des solutions ? Réponse dans quelques mois…

Christophe Duckers,
Directeur de la rédaction.

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