TRANSPORT Management 97 (mai 2018)

 12/06/2018  Yannick Haesevoets  


Le « coming out électrique » est pour bientôt !

Comme à l’accoutumée, j’ai eu l’envie de partager avec vous mes impressions sur quelques sujets qui ont émaillé l’actualité de notre secteur ces temps derniers. N’hésitez pas à nourrir en retour mes réflexions de vos commentaires/critiques/avis/remarques…

Définitivement lancés ? Les trains routiers super longs, comprenez les écocombis, seraient-ils définitivement sur les rails ? On ne peut en tout cas que se féliciter des progrès enregistrés en Wallonie dans le cadre du premier projet-pilote. Quatre entreprises (Vincent Logistics, Ninatrans, Galliker et Van Mieghem) ont en effet reçu l’autorisation de faire rouler 10 ensembles sur 10 itinéraires. Côté flamand, après un 1er projet-pilote trop restrictif pour être productif – 3 sociétés de transport seulement ont répondu à l’appel -, on attend avec impatience l’été et la sortie du 2ème projet-pilote, logiquement attendu comme plus « permissif ».

L’électrique monte – enfin – en puissance. Pénalisés par une autonomie réduite, un surpoids conséquent et un surcôut qui ne l’est pas moins, les camions électriques tardent à se faire une place au soleil. Ceci étant, les choses commencent à bouger. Ainsi, après le Fuso e-Canter, c’est au tour de Volvo de se lancer dans l’aventure du tout électrique avec son FL (300 km d’autonomie), qui sera commercialisé en Europe l’an prochain. D’autres constructeurs ont également annoncé leur « coming out électrique » pour 2019, à l’image de Mercedes-Benz, Renault Trucks et MAN Truck & Bus. Un vent électrique qui ne pourra qu’être dopé par l’exemption de la taxe kilométrique prévue en Allemagne dès l’an prochain…

Toujours au chapitre « carburants alternatifs », mentionnons les initiatives par deux transporteurs belges de référence. Ainsi, Remitrans a décidé d’accueillir dans sa flotte neuf tracteurs Volvo roulant au gaz naturel liquéfié, dans le même temps où il investit dans sa propre station LNG. On n’en attendait pas moins de la part du vainqueur du Green Truck Award 2018 ! De son côté, Snel Logistic Solutions a initié le test d’un DAF CF roulant au biodiesel, un carburant susceptible de faire diminuer de 89 % les émissions de CO2.

Une pilule de plus en plus difficile à avaler. Au-delà de la perturbation des flux logistiques, la congestion routière a un coût pour les sociétés de transport. Soit en moyenne 79,53 EUR/heure (84,61 EUR en international, 74,45 EUR en national), en hausse de 2,5 % en un an. Ce coût tient à la fois compte de l’immobilisation du véhicule et du chauffeur mais aussi de la consommation de carburant au ralenti. Pour faire face à cette baisse de rentabilité pour leurs membres, les trois fédérations et l’ITLB planchent sur un « indice congestion », c’est-à-dire un pourcentage d’augmentation du prix de revient en cas de file. Restera alors à répercuter cette augmentation auprès des chargeurs. Pas gagné d’avance…

 

Christophe Duckers,
Directeur de la redaction.