Logisticiens anversois : Go East ?

 09/03/2016  Claude Yvens  Economie, Logistics
Logisticiens anversois : Go East ?

Au cours des dernières semaines et derniers mois, une série d’entreprises anversoises ont étendu leurs activités vers l’est, en direction des Limbourg belge et néerlandais. Mais il ne s’agirait pas d’un exode.

Deux dirigeants n’ont pas caché les raisons de leur choix : Fernand Huts de Katoen Natie et Marc Geerts de CG Transportgroup. “Nous quittons Anvers parce que rien n’est fait pour remédier au problème des bouchons”, ont-ils déclaré presque à l’unisson.

Cette déclaration est toutefois à prendre avec des pincettes. Le fait est qu’ils expriment ce que ressentent bon nombre d’entrepreneurs mécontents de la région anversoise. Et à raison : la problématique de la mobilité commence à prendre des proportions inquiétantes. Le ring d’Anvers est en effet l’axe le plus embouteillé de Flandre.

Cette tendance s’est visiblement confirmée à la mi-juillet, lorsque Katoen Natie a annoncé le rachat de Langen, une firme logistique néerlandaise spécialisée dans la chimie. Les activités de cette entreprise basée à Elsloo, à côté de Maastricht, complètent parfaitement celles de Katoen Natie. Mais ce n’est pas tout : la société dispose encore de plus de 25 ha de terrains exploitables. Fernand Huts, président de Katoen Natie, avait alors clamé haut et fort qu’il risquait de délocaliser ses activités vers le Limbourg néerlandais. Tout cela avant d’édulcorer ses déclarations. “Le déménagement de nos activités n’est pas à l’ordre du jour, mais je ne peux pas l’exclure à terme”, a-t-il ensuite nuancé. Du reste, le transfert de certaines activités vers le Limbourg néerlandais cache une logique purement économique. En délocalisant là-bas certaines de ses activités, Katoen Natie se rapproche non seulement de l’hinterland allemand, mais annule aussi la majeure partie de l’effet de la taxe kilométrique grevant les voiries flamandes et wallonnes. Au départ d’Anvers, l’acheminement des produits vers Elsloo pourrait s’effectuer par le rail ou la voie fluviale tandis que l’exportation vers l’Allemagne se déroulerait alors par camions.

Marc Geerts, grand patron de Corneel Geerts Transportgroup, a lui aussi annoncé voici plus d’un an qu’il quitterait Anvers pour le Limbourg parce qu’il en avait plus qu’assez des bouchons dans le centre urbain et la périphérie. À l’époque, il avait racheté la firme belge – et limbourgeoise – Trafuco pour la transformer en troisième hub de CG Transportgroup, aux côtés de Wijnegem (le siège central, établi à deux pas d’Anvers) et Harelbeke (près de Gand).

Une fois encore, il est vite apparu que la problématique des embouteillages n’était que l’une des raisons à l’origine de cette décision. Celle-ci semble aussi et surtout motivée par l’introduction imminente de la taxe kilométrique. Au lieu de distribuer les marchandises destinées au Limbourg et à Liège depuis le centre de Wijnegem, Geerts peut les convoyer de manière groupée jusqu’à sa plate-forme de Maasmechelen d’où il en assurera la distribution finale. Cela lui permet désormais de parcourir moins de kilomètres au total – et donc d’économiser sur la taxe.

 

Derrière le transfert de certaines activités vers le Limbourg se cache une logique purement économique.

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