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Les Grands Défis 2013 : les prix du transport

 27/12/2012  Claude Yvens  Expertise Center
Les Grands Défis 2013 : les prix du transport

Rarement le décalage entre les prix de transport et l’évolution du prix de revient aura été aussi frappant qu’en 2012. La tendance ne devrait pas changer en 2013, mais tous les transporteurs n’en souffrent pas de la même manière.

Aucune prévision économique ne permet d’ envisager une véritable embellie économique dans la zone Euro pour 2013. Le transport routier belge, moins dépendant de l’ Europe du sud que par le passé, peut certes s’ appuyer sur des débouchés un peu plus stables mais le tassement prévu de la croissance allemande n’ incite pas à trop d’ optimisme. Tout au plus peut-on tabler sur un léger retour progressif à une croissance molle à mesure que l´année avance (en particulier aux Pays-Bas).

Globalement, donc, et même si certaines niches sont relativement épargnées, l´offre en transport restera surabondante par rapport à la demande. Le marché reste donc dominé par les acheteurs, avec toute la pression que cela suppose sur les prix de transport. Pour beaucoup d´entreprises de transport, le dilemme risque donc d´être cruel : risquer de travailler à perte, ou perdre un gros client et devoir réduire la flotte. Il n´y a évidemment pas de recette universelle, mais les retours d´expérience des transporteurs qui ont choisi le repli stratégique sont loin d´être négatifs : rentabilité maintenue, personnel chauffeur plus homogène, moins de pression… dans l´attente de jours meilleurs.

Le piège de la délocalisation sauvage

A l´inverse, une menace plane sur les entreprises qui ont délocalisé tout ou partie de leurs activités de transport international sans proposer de création de valeur supplémentaire. Tôt ou tard, le client s´en aperçoit. Et tôt ou tard, il estime pouvoir demander une nouvelle baisse des prix, puisqu´il sait que le prix de revient d´un transport délocalisé est largement inférieur. Le piège se referme très vite.

Au-delà de ces considérations stratégiques, rappelons aussi quelques fondamentaux :
– Les acheteurs sont globalement beaucoup plus aguerris qu´avant la crise,
– À de rares exceptions près, une augmentation de tarif ne s´obtient plus que sur base d´un dossier solide et bien présenté,
– Un tel dossier doit s´appuyer sur une maîtrise sans faille de son propre prix de revient, suivi chaque semaine,
– L´actuel tassement des prix pétroliers n´est peut-être que temporaire. Toute concession sur l´application des clauses diesel (sur base trimestrielles plutôt que sur base mensuelle par exemple) reste une erreur de gestion,
– De telles négociations n´exonèrent personne de l´obligation de chasser encore les économies de bout de chandelle en Achats et en Services et Biens Divers.