Les chauffeurs de poids lourds ne respectent pas assez les distances de sécurité

 13/10/2016  Michel Buckinx  Economie
Les chauffeurs de poids lourds ne respectent pas assez les distances de sécurité

Une enquête menée par l’IBSR (en collaboration avec UPTR, Febetra et TLV) met en lumière plusieurs comportements de chauffeurs. Malgré le fait que le nombre d’accidents ait baissé de 26 % ces dernières années, il y a toujours du pain sur la planche.

Les principales conclusions :

  • Trois quarts des chauffeurs font une pause lorsqu’ils se sentent trop fatigués pour conduire.
  • En agglomération, ils respectent mieux les limites de vitesse que l’automobiliste moyen. Toutefois, 52 % des chauffeurs belges de poids lourds ont roulé parfois trop vite en agglomération mais chez les automobilistes ce pourcentage grimpe à 67 %.
  • 42 % roulent parfois sans attacher la ceinture. 17 % estiment même acceptable de ne pas boucler la ceinture par rapport à 4 % chez les automobilistes.
  • 69 % admettent avoir au moins une fois lu un SMS ou un e-mail en conduisant et 47 % reconnaissent même en avoir envoyé un.
  • 70 % roulent parfois trop près du véhicule qui précède.

Ces chiffres proviennent d’une enquête menée par l’IBSR parmi les chauffeurs de poids lourds et en collaboration avec l’UPTR, la Febetra et TLV. Dans le cadre de cette enquête, l’IBSR a également procédé à une analyse des statistiques d’accident. Au cours des 10 dernières années, le nombre d’accidents impliquant un poids lourd a baissé de 26 %.

  • 10 % des personnes interrogées admettent avoir roulé après avoir bu de l’alcool. C’est nettement moins que parmi les automobilistes (43 %). Le taux d’alcoolémie autorisé pour les chauffeurs professionnels est toutefois fixé à 0,2 ‰, ce qui équivaut à une tolérance zéro.

Les chauffeurs de poids lourds reprochent surtout aux automobilistes les queues de poisson pour sortir de l’autoroute, leur distraction et leur comportement négligent (non-utilisation des clignotants par ex.).

Les chauffeurs de poids lourds reprochent aussi à leurs collègues de dépasser par temps de pluie malgré l’interdiction et le non-respect des distances de sécurité.

Accidents : baisse en Flandre, augmentation à Bruxelles et en Wallonie

En 2015, le nombre d’accident impliquant un camion n’a jamais été aussi bas : 2147. Soit une diminution de 26 % par rapport aux chiffres d’il y a 10 ans (2909 accidents). Ces dernières années, l’évolution diffère toutefois d’une région à l’autre. C’est ainsi que le nombre d’accidents impliquant un camion n’a jamais été aussi faible en Flandre qu’en 2015. Par contre, nous constatons une augmentation depuis 2013 en Wallonie et à Bruxelles.

Près d’un accident sur deux sur autoroute

7 % de tous les accidents se produisent sur autoroute. Pour les accidents de camions, ce chiffre grimpe à 44 % ! Bien entendu, les poids lourds circulent davantage sur autoroute que les autres usagers. Ils y effectuent 59 % de leurs déplacements contre 38 % pour les autres. Mais même si nous tenons compte du nombre de kilomètres parcourus, les accidents corporels impliquant un camion sur autoroute sont deux fois plus fréquents que les autres, précise l’IBSR.

Sur autoroute, deux tiers des accidents avec un camion sont des collisions par l’arrière. Il s’agit aussi bien de poids lourds qui emboutissent un autre véhicule que des véhicules qui emboutissent un camion. Parmi les causes possibles : le non-respect des limitations de vitesse et de la distance de sécurité. En dehors des autoroutes, il y a aussi pas mal d’accidents par l’arrière, mais également de collisions latérales. Elles peuvent notamment être causées par des problèmes de visibilité dus à l’angle mort.

Des accidents trois fois plus graves

Les accidents de camions sont nettement plus graves que les autres. En Belgique, on dénombre environ 17 tués pour 1000 accidents corporels, alors que ce chiffre est proche de 60 pour 1000 pour les accidents impliquant les camions. La gravité des accidents impliquant un camion est donc près de 3,5 fois plus importante que la gravité des accidents impliquant d’autres types d’usagers. Selon l’IBSR, ceci explique l’importance accordée par les médias à ce type d’accident.

Réaction des trois fédérations de transport

UPTR, FEBETRA et TLV : « Le nombre d’accidents impliquant un camion a diminué ces dernières années, c’est une note encourageante. Nous devons néanmoins poursuivre nos efforts pour continuer à le faire baisser. Pour ce faire, nous devons rendre les camions plus sûrs mais également attirer l’attention des chauffeurs sur leurs points faibles. Il est par exemple important qu’ils portent leur ceinture, qu’ils respectent la distance de sécurité et qu’ils soient concentrés à 100 % pendant leur trajet. Il est par ailleurs important d’informer et de sensibiliser leurs collègues étrangers afin qu’eux aussi se comportent de manière sûre et responsable sur nos routes ».

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