La petite idée ‘belge’ pour réformer le cabotage

 27/08/2019  Claude Yvens  Economie
La petite idée ‘belge’ pour réformer le cabotage

A quelques jours de la désignation du (ou de la) futur.e commissaire européen.ne des transports, le petit monde belge du transport routier met l’accent sur les grands dossiers de la rentrée. A commencer par la réforme prévue du cabotage. Selon une étude commanditée par les trois fédérations à l’ITLB, le transporteur belge aurait beaucoup à perdre s’il était interdit de cabotage pendant même un seul jour après une opération de cabotage.

Pour l’instant, le cabotage est limité à trois opérations sur sept jours. Il existe trois propositions sur la table pour modifier ces règles : cabotage illimité pendant cinq jours (Commission), gel de cinq jours après la 3e opération de cabotage actuellement autorisée (Conseil) et cabotage illimité pendant trois jours, assorti d’une période consécutive de gel de 60 heures (Parlement). Si l’on en croit l’étude réalisée par l’ITLB, l’effet d’une période de gel serait dramatique pour les transporteurs belges, qui utilisent souvent le cabotage non pas pour aller prendre des parts de marché importantes à l’étranger (ils souffrent des coûts salariaux les plus élevés de toute l’Europe), mais bien pour rentabiliser le retour après une opération de transport international. Un quart des transporteurs belges interrogés par l’ITLB en ce mois d’août 2019 pratiquent cette forme de cabotage régulièrement, mais principalement dans les pays voisins de la Belgique (France, Pays-Bas, Allemagne).

Chaque journée d’immobilisation d’un véhicule par suite de l’application d’une période de gel coûterait 679 euros. A l’échelle de tout le secteur belge du transport, l’ITLB a calculé qu’une période de gel d’un jour coûterait presque 24 millions d’euros, un gel de trois jours coûterait 72 millions d’euros et un gel de cinq jours coûterait 120 millions d’euros. Ce dernier chiffre représente plus de la moitié du bénéfice total dégagé par l’ensemble des transporteurs belges en 2017, d’après les calculs de Truck & Business (224 millions EUR).

Sur base de ce constat, les trois fédérations TLV, UPTR et Febetra ont été reçues hier par la représentation belge auprès de l’Union Européenne. Elles émettent une idée qui permettrait de conserver l’essence de la réforme du cabotage (empêcher la libéralisation totale du marché du transport national) : autoriser le cabotage immédiatement après le retour de l’ensemble routier dans son pays d’immatriculation, au retour de son trajet international de retour donc.

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