La commissaire européenne Vestager furieuse de l’utilisation de chauffeurs philippins

 12/11/2018  Claude Yvens  Economie
La commissaire européenne Vestager furieuse de l’utilisation de chauffeurs philippins

Le syndicat danois 3F a découvert à Padborg que des centaines de chauffeurs philippins circulent en Europe pour le compte de sociétés de transport danoises. Même la commissaire européenne Margrethe Vestager estime qu’il s’agit là d’une situation inadmissible.

Kurt Beier est un des transporteurs danois qui envoient des chauffeurs philippins sur la route. Elle le fait via sa filiale polonaise. Apparemment, c’est légal au Danemark, mais les syndicats jugent totalement dégradantes les conditions salariales et de travail de ces chauffeurs. Frank Moreels, président de FGTB UBT : « Ces chauffeurs gagnent 2 euros de l’heure et doivent séjourner dans une étable dans laquelle peu de fermiers hébergeraient leurs animaux. Par peur des représailles, un chauffeur témoigne anonymement dans ce petit film. En février 2013, il a été établi que la société Dinotrans (Lettonie) utilisait massivement des chauffeurs philippins. Un transporteur néerlandais, Martin Wismans, a lui aussi travaillé avec des chauffeurs philippins. Grâce au syndicat néerlandais FNV, on avait alors réagi fermement et les chauffeurs ont été protégés en tant que victimes de la traite des êtres humains. Transport Wismans a perdu sa licence de transport. »

La commissaire européenne Vestager furieuse

3F a demandé à Margrethe Vestager, Commissaire européenne à la Concurrence, de réagir à cette situation. Frank Moreels : « Vestager a appelé sa collègue commissaire Bulc à renforcer les règles, afin que des chauffeurs ne travaillent plus comme des esclaves. Ceci entraîne une concurrence déloyale pénalisant les transporteurs qui travaillent en respectant la législation. Vestager est claire : Des règles claires doivent être reprises dans le Mobility Package, qui est actuellement en discussion au niveau de la Commission, des états-membres et du Parlement européen, afin de rendre les abus impossibles. Tout comme l’UBT, elle en appelle clairement au principe du « salaire égal à travail égal ».

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