Kangourou Delivery Services : logistique de proximité

 11/11/2011  Claude Yvens  Expertise Center
Kangourou Delivery Services : logistique de proximité

Dans le transport routier, il n’y en a pas que pour les grands groupes mondiaux ou européens. Tous les clients ne cherchent pas une logistique hyper pointue. Il y a donc encore de la place pour des prestataires de services de taille moyenne, sans tambour ni trompette. Ce qui n’empêche pas le professionnalisme. La preuve par KDS.

Kangourou Delivery Services a été créée en 1989 par Erik Walry. L´entreprise s´est progressivement structurée pour atteindre aujourd´hui une grosse vingtaine de personnes, mais a surtout réussi à traverser la crise en maintenant à la fois sa croissance et ses marges. Ici, pourtant, pas d´uniformité rutilante de la flotte ou de gadgets marketing…

De l´express au service logistique

Comment avez-vous structuré vos activités ?
Erik Walry : J´ai débuté dans l´express, mais il n´y a pas de marges à dégager du `petit transport´. En 1989, on travaillait à 250 francs la course à Bruxelles, et aujourd´hui c´est 6 euros. Aujourd´hui c´est toujours le dernier maillon de la chaîne qui se fait saigner. D´ailleurs, je ne me considère pas vraiment comme un transporteur. Je suis un prestataire de service pour un certain nombre de clients, et le transport en fait partie. Nous avons aussi appris à ne pas dépendre d´un seul gros client ou d´un seul secteur d´activité. C´est la raison pour laquelle nous avons un portefeuille de clients assez diversifié, que nous servons avec des types de véhicules différents. Cela offre aussi le gros avantage d´équilibrer les pics d´activité qui ne sont pas les mêmes entre l´imprimerie et le secteur hospitalier, par exemple.

Vous grandissez régulièrement, mais savez-vous quelle serait la taille idéale de l´entreprise ?
EW : Je remarque que nous sommes aujourd´hui plus forts à 25 que lorsque nous étions 10, parce que nous pouvons plus facilement imposer nos conditions au client. Ce serait peut-être la cas si nous passions à 30, mais une chose est certaine, je ne veux pas avoir un jour cinquante véhicules sur le parking. Je connais chaque chauffeur et chaque véhicule, et je veux que Kangourou reste gérable avec notre structure actuelle.

Dans la notion de service, le service logistique semble occuper de plus en plus de place…
EW : Absolument. Ca s´est fait de manière très progressive, à la demande de nos clients. Nous avons d´abord loué des surfaces logistiques, puis nous avons acheté nos premiers bâtiments ici à Glabais. Là, nous sommes en train de reconditionner un autre bâtiment de 5000 m2 à Walhain, et notre siège de Glabais va alors pouvoir évoluer vers une véritable plate-forme de distribution de 1300 m2.

Il y a donc une place spécifique à prendre dans ce créneau ici dans le Brabant Wallon ?
EW : Tout à fait. Il y a toute une frange de clientèle qui recherche avant tout une forme de logistique efficace, mais simple. Nous récupérons des clients qui sont considérés comme de simples numéros de dossier chez de grands prestataires logistiques reconnus. Chez nous, ils ne sont pas des numéros, mais des clients. Je vous parle d´importateurs, de grossistes ou de fabricants… Ces gens-là ne veulent pas fonctionner dans un système hyper-sécurisés où ils doivent prendre rendez-vous pour voir leur marchandise.

Mais le profil de risque de ces clients n´est-il pas parfois dangereux ?
EW : Tout d´abord, aucun d´entre eux ne représente une part importante de notre chiffre d´affaires. Dans notre portefeuille, il y a aussi de grandes entreprises reconnues. Mais de toutes façons, si un nouveau client n´est pas régulier, c´est vite vu !

Vous pouvez donc offrir une prestation plus ou moins complexe…
EW : … selon les besoins et le désir du client. S´il n´a pas besoin de codes-barres, pas de problème. S´il en faut, pas de problème non plus. C´est gérable parce que nous ne travaillons que les marchandises par palettes, nous ne traditions pas des pièces individuelles.

Que des véhicules d´occasion

Quelle est votre politique de gestion de parc ?
EW : Je n´ai acheté que trois camions neufs depuis les débuts de la société, et je le regrette aujourd´hui. Tous nos véhicules sont achetés d´occasion. Et je pense que nous savons très bien acheter des véhicules d´occasion. Quand vous achetez un camion neuf, il se déprécie de 25 % la première année. Même si mes achats de pièces sont peut-être plus élevés sur un véhicule d´occasion que sur un nouveau camion, je suis largement gagnant.

Ca ne dérange pas vos chauffeurs ?
EW : Chez nous, les chauffeurs sont plus que des chauffeurs, ils sont eux aussi des prestataires de service. Maintenant, c´est vrai qu´ils ne roulent pas avec le véhicule dernier cri, mais ils travaillent avec un outil propre. Et ils sont surtout payés en temps et en heure, et pour toutes leurs heures. Et personne chez nous n´est traité comme un numéro.

Comment voyez-vous évoluer les chauffeurs avec les nouvelles règles sur la compétence professionnelle ?
EW : C´est fou, il faudra bientôt être régent pour conduire un camion ! Quand je vois les questions posées au permis de conduire, je suis certain que des tas de très bons chauffeurs échoueraient. D´un autre côté, avec la formation continue, on va peut-être refaire du travail de chauffeur routier un vrai métier. Evidemment, cela va peut-être aussi rendre les chauffeurs plus difficiles…

Comment voyez-vous évoluer votre société ?
EW : A court terme, ma perception change tous les jours, comme chez la plupart des entrepreneurs je suppose ; A plus long terme, j´espère que nous allons pouvoir faire progresser nos activités logistiques grâce à nous nouvelles installations de Walhain et aux transformations que nous effectuerons ici à Glabais, et que cette progression en logistique aura un effet positif sur les activités de transport.

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