Jones Lang LaSalle : “les commerçants en ligne doivent s’installer en Belgique”

 12/12/2013  Yannick Haesevoets  Contract Logistics
Jones Lang LaSalle : “les commerçants en ligne doivent s’installer en Belgique”

Comme chaque année, le spécialiste de l’immobilier Jones Lang LaSalle a battu le rappel des troupes à son siège bruxellois pour faire le bilan des 12 mois écoulés. 2013 est une nouvelle année record pour l’immobilier semi-industriel dans notre pays, mais le segment logistique reste à la traîne. Pour remédier à cette situation, Jones Lang LaSalle attend avec impatience l’arrivée de grands centres de commerce en ligne.

Avec un volume de 490.000 m² à début décembre, le marché logistique fait légèrement mieux que l’an dernier. Le volume à fin décembre devrait atteindre 540.000 m². Cela signifie que le marché se clôture pour la deuxième année d’affilée sous la moyenne à cinq ans (673.000 m², ndlr). La location de 70.000 m² à Bpost, un développement sur mesure sur l’ancien site Marly à Neder-Over-Hembeek, constitue la plus grande transaction de l’année, devant l’agrandissement de 40.000 m² réalisé par Nike sur son centre européen de distribution de Ham, dans le Limbourg. Le prix maximal de location reste stable à 55 € par m² et par an. Le triangle d’or Bruxelles – Anvers – Gand représente à lui seul 60% des transactions. « Il n’est donc pas encore question d’une fuite hors d’Anvers en raison des embouteillages, comme nous l’entendons ça et là », explique Walter Goossens, Head of Industrial & Retail Leasing chez Jones Lang Lasalle.

De A(mazon) à Z(alando)

« Pour 2014, nous estimons que l’activité du marché sera en ligne avec ces deux dernières années », poursuit Walter Goossens. « Et nous espérons que l’augmentation des activités liées au commerce électronique influencera positivement, en Belgique également, l’immobilier logistique ». Walter Goossens pense ici principalement à l’absence de grands centres de commerce en ligne dans nos contrées, au contraire des régions voisines que sont les Pays-Bas, l’Allemagne et le nord de la France. « On remarque dans ces régions que tout le modèle de distribution est redéfini sous l’impulsion du commerce omni-canal », précise-t-il. « La demande pour ce type de nouveaux bâtiments, qui remplissent de nouvelles fonctions dans la chaine d’approvisionnement, va apparaître tôt ou tard. Je pense à de grands centres de commerce en ligne, mais aussi à des hubs régionaux pour colis et à des centres de tri en périphérie de nos grandes villes, qui pourraient donner un nouvel élan à notre marché immobilier logistique dans les prochaines années ».

Les chercheurs estiment que nous achèterons six fois plus en ligne à l’horizon 2025 que ce n’est le cas actuellement. Pour le moment, les commerçants en ligne peuvent acheminer leurs marchandises de manière rentable chez les consommateurs belges au départ des Pays-Bas ou de l’Allemagne. « En cas de croissance exponentielle du nombre de mouvements (dans les deux directions), ce modèle économique est soumis à de fortes pressions, ce qui va peut-être inciter les Amazon et autres Zalando à rapprocher leurs produits de leur lieu de consommation », conclut Walter Goossens. Un scénario que le secteur immobilier belge appelle de tous ses vœux…

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