« Jeunes dans le Transport » est un succès

 29/07/2019  Erik Roosens  Expertise Center, Trucks & Trailers
« Jeunes dans le Transport » est un succès

Le jeune qui veut devenir chauffeur de poids lourds peut suivre gratuitement une formation à la conduite pour obtenir un permis C/CE. « Cela ne lui coûte rien », déclare Rachide Berrazi, consultant au Fonds Social Transport et Logistique (FSTL) et chef de projet Jeunes dans le Transport’ (JdT). « Les seules conditions : être à la recherche d’un emploi, motivé et disposer d’un permis B. » Depuis le lancement de JIT II en janvier 2018, 177 candidats-chauffeurs ont déjà été formés et le projet a encore quelques mois à vivre.

Dire qu’il manque de chauffeurs de poids lourds, c’est enfoncer une porte ouverte. Le flux sortant est plus important que le flux entrant malgré diverses initiatives visant à former davantage de chauffeurs. Pour celui qui veut devenir chauffeur de poids lourds et qui doit payer la formation de sa poche, il y a de quoi hésiter puisque cela peut coûter plus de 5.000 euros. « Nous évaluons le manque de chauffeurs à 8.000 », indique Thierry Vanden Driesse, consultant du FSTL. « De plus, avec l’inversion de la pyramide des âges, il y a de plus en plus de chauffeurs de plus de 55 ans. Ils prendront leur pension dans les prochaines années et la pénurie ne fera alors que s’accentuer. »

D’où viennent dès lors les nouveaux chauffeurs ? « La plupart – environ 650 par an – sont formés via le VDAB et le Forem au moyen de véhicules-écoles du FSTL », explique T. Vanden Driesse. « Mais ces chauffeurs n’exercent pas tous dans le secteur du transport. Par ailleurs, 40 élèves terminent chaque année leurs secondaires dans des écoles proposant la formation de chauffeur poids lourd. Et ensuite, il y a le projet Jeunes dans le Transport qui forme une centaine de chauffeurs par an. »

Argent

Avec ‘Jeunes dans le Transport’, le Fonds Social Transport et Logistique (FSTL) offre aux entreprises la possibilité de former de jeunes chauffeurs. L’argent provient des autorités fédérales et ce projet court encore jusqu’à la fin 2019. « Un grand succès », affirme Rachide Berrazi. « D’ici à la fin de l’année, nous aurons quand même formé environ 200 nouveaux chauffeurs. »

« La plupart des chauffeurs – environ 650 par an – sont formés via le VDAB et le Forem au moyen de véhicules-écoles du Fonds Social Transport et Logistique. »

Qui peut en bénéficier ? Chaque jeune de 18 à 26 ans, à la recherche d’un emploi et détenteur d’un permis B. Les jeunes demandeurs d’emploi qui disposent déjà d’un permis théorique C ont également accès au projet, mais c’est une minorité.

L’initiative peut venir du jeune lui-même ou de l’entreprise. « Le plus souvent, l’initiative vient de l’entreprise », précise R. Berrazi. « Au cours du premier projet JdT (2016-2017), l’initiative était prise, neuf fois sur dix, par l’employeur. Aujourd’hui, un quart des jeunes font eux-mêmes la démarche, directement chez les consultants du FSTL, via les services d’accompagnement (VDAB/FOREM/ACTIRIS/ADG) ou via l’employeur. Le plus important est que les candidats soient motivés, car ce n’est pas une filière facile. »

Camionnette

Le projet Jeunes dans le Transport est une forme de formation professionnelle individuelle. L’entreprise conclut un contrat de formation avec le jeune et avec le VDAB (Flandre), le Forem (Wallonie), Actiris (Bruxelles) ou ADG (Cantons de l’est). Avant de commencer, on teste les aptitudes des candidats pour le job. C’est ainsi qu’en Wallonie, le jeune passe un premier test de conduite au volant d’une camionnette. S’il est accepté, il est envoyé dans une école de conduite agréée. Il passe d’abord l’examen théorique et suit ensuite la formation pratique.

Des simulateurs de conduite sont également utilisés pour la formation des jeunes conducteurs.

Dans la plupart des cas, le screening est effectué par l’employeur est cela suffit pour être accepté dans la filière. Quand le candidat-chauffeur ne suit aucun cours théorique ou pratique, il roule avec un chauffeur expérimenté de l’entreprise qui l’emploiera. Ce chauffeur est un accompagnateur agréé par le FSTL. Pour le devenir, le chauffeur accompagnant doit suivre une formation (deux samedis) d’accompagnateur au FSTL.

Dès que le jeune candidat a décroché son permis C/CE, il roule lui-même avec le poids lourd de l’entreprise, sous la supervision de son accompagnateur et ceci jusqu’à la fin de la formation professionnelle individuelle qui dure en moyenne 13 semaines.

Femmes

Le projet Jeunes dans le Transport veille à ce que les nouveaux chauffeurs arrivant dans le secteur y restent. « Neuf chauffeurs sur dix ayant achevé la formation sont toujours dans le métier et la plupart restent même dans la société où ils ont suivi la formation », déclare R. Berrazi. « Lors du JIT I, environ 75 % des candidats provenaient de Flandre. Aujourd’hui, plus de la moitié sont Wallons. Les femmes sont toujours minoritaires (6 sur 177), et 1 candidat sur 5 est d’origine allochtone. »

Les entreprises de transport qui jouent le jeu bénéficient d’une intervention de 100 euros par jour de conduite en double équipage. En outre, le projet prévoit aussi une prime de 3 euros par heure, applicable tout au long du contrat de formation. Ces deux primes doivent compenser la perte de productivité résultant de formations ‘on-the-job’ de ce type.

Après le succès des deux premiers projets JIT, il est probable qu’un ‘Jeunes dans le Transport III’ soit organisé dans la période 2020 – 2021. « Dès que le SPF ETCS appellera les secteurs à participer à nouveau à des projets de formation et d’appel à candidats pour les 18 à 26 ans, nul doute que le FSTL sera encore de la partie », déclare T. Vanden Driesse.

Info http://www.conducteurdepoidslourds.be/fr/

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