Hödlmayr Logistics : “Nous sommes bien plus qu’un transporteur”

 17/09/2015  Yannick Haesevoets  Economie
Hödlmayr Logistics : “Nous sommes bien plus qu’un transporteur”

HN Autotransport à Tongres, le transporteur d’automobiles le plus important du pays avec une part de marché de 41 %, s’appelle désormais Hödlmayr Logistics. Logique, vu que la société est totalement aux mains de l’Autrichien Hödlmayr Group depuis 1990. Mais ce n’est pas tout. Michael Geschke, Regional Managing Director, se projette avec nous dans l’avenir.

Hödlmayr International, qui a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 220 millions €, est spécialisé depuis plus de 60 ans déjà dans le transport de véhicules et services associés. La société familiale, créée en 1954, compte 1.600 collaborateurs et transporte plus de 1,5 million de voitures par an, dont 100.000 par train. Présent dans toute l’Europe, le groupe dispose d’une capacité de stockage de 75.000 voitures. En 1990, Hödlmayr reprend HN Autotransport à Hessenatie et donne aujourd’hui officiellement, soit 25 ans plus tard, le nom de la maison-mère à l’implantation de Tongres. « Nous sommes présents dans 16 pays et nous procéderons de la même manière partout », déclare M. Geschke qui a pris la direction du Benelux l’an passé. « Nous donnons ainsi un signal à nos clients, mais aussi à nos collaborateurs. Ils doivent savoir qu’ils appartiennent au groupe. » Hödlmayr Logistics transporte 41 % des voitures vendues en Belgique et dispose d’une capacité de stockage de 142.000 m2, ce qui représente 5.700 places de parking, dont une moitié recouverte de panneaux solaires. Hödlmayr possède un des plus grands parcs solaires de Belgique, capable de fournir de l’électricité à 1.200 familles. Récemment, la société a investi dans une meilleure liaison ferroviaire, dans son propre tunnel de lavage et dans une protection de pointe contre les cambriolages pour la totalité du site. Des coûts importants, mais indispensables à une époque où les clients sont de plus en plus exigeants. Hödlmayr investit aussi en permanence dans la flotte. Dans notre pays, l’entreprise dispose de 111 véhicules pour le transport de voitures. Les semis sont fournies par l’Autrichien Kässbohrer, les tracteurs constituent un ensemble hétérogène. « Nous ne nous concentrons pas sur 1 ou 2 marques, mais achetons chez nos clients », explique M. Geschke. L’âge moyen des tracteurs se situe aux alentours de 4,4 ans et pas moins de 91 % du parc répond aux normes Euro 5 ou Euro 6. « Nous possédons une des flottes les plus modernes du marché. Les clients placent la barre toujours plus haut. Mais investir dans un véhicule Euro 6 est rentable car il consomme moins de carburant. De plus, nous sensibilisons constamment les chauffeurs à la conduite écologique. »

Un marché qui se contracte

Hödlmayr réalise en Belgique un chiffre d’affaires de 30 millions €, dont 90 % via le transport de voitures sur commande d’importateurs, de constructeurs et de concessionnaires. La société assure 80 % des transports avec sa propre flotte et ses propres chauffeurs. Tout sauf des chauffeurs classiques. « Un camion cargo est chargé et déchargé par quelqu’un d’autre, mais nos chauffeurs font tout eux-mêmes : ils montent les voitures sur les semis et les en descendent. Ils ne doivent pas seulement apprendre à rouler avec les ‘autocarriers’, mais aussi comprendre comment ils doivent charger une semi, et ceci avec des modèles automobiles très divers et dans toutes les conditions climatiques. C’est pourquoi nous investissons beaucoup dans la formation. Il faut 9 mois avant qu’ils puissent se mettre au travail. Mais disposer de bons chauffeurs est crucial pour la satisfaction de nos clients. » Ce dernier point est vital dans un marché qui se contracte. L’an passé, 535.000 nouveaux véhicules ont été immatriculés en Belgique, soit 0,5 % de moins qu’en 2013. De plus, les marges sont réduites. « Nous dégageons à peine 1 % de marge et donc il n’y a pas d’autre choix que de créer du volume. » Par ailleurs, Hödlmayr mise sur des services supplémentaires. « Nous sommes bien plus qu’une entreprise de transport. La plupart des contrats comportent des services complémentaires. Ici à Tongres par exemple, nous proposons des contrôles de qualité et procédons à de petites adaptations aux nouveaux véhicules. Hödlmayr envoie même des gens au sein des usines automobiles pour des contrôles sur place. Les constructeurs veulent construire des voitures et préfèrent ne pas perdre de temps avec des programmes IT et des contrôles de qualité. »

Hödlmayr offre aussi des solutions pour les voitures d’occasion et de location, comme des réparations de carrosserie, notamment pour le segment Nearly New Car de Mercedes-Benz. « Ces activités de remarketing sont très importantes pour notre atelier », souligne M. Geschke. « Grâce à notre méthode Fix & Save unique qui permet de traiter les coups, les clients économisent du temps et de l’argent. Nous réparons les dégâts avec une intervention minimum pour un tiers du prix. Vous vous souvenez de la bourrasque de grêle de l’an passé ? Nous avons dû réparer 3.000 véhicules. »

Collaborer avec les ports

Récement, Hödlmayr a conclu 2 grands contrats portant sur la livraison de Volvo en Allemagne et de Tesla en Scandinavie et en Autriche. M. Geschke voit l’avenir avec confiance. Le site de Tongres n’a jamais été remis en question, pas même après la fermeture de Ford Genk. Par contre, M. Geschke se préoccupe de la taxe km pour poids lourds. « En fin de compte, quelqu’un devra payer et, soyons réalistes, ce sera le client final. C’est problématique dans un pays où les volumes baissent. Certains ne pourront probablement plus se permettre un nouveau véhicule. Pour nous, cela pourrait aussi être une opportunité. Car plus la flotte est âgée, plus vous payez de taxes et vice versa. Avec notre parc jeune, nous avons l’avantage. » Hödlmayr entend optimaliser au maximum les transports et limiter les km à vide. C’est pourquoi M. Geschke table dorénavant sur des synergies avec les ports flamands. « Beaucoup de choses sont possibles. Les navires transportent 3.000 voitures d’un coup, un volume trop important à traiter pour les ports. Nous pouvons jouer un rôle à ce niveau. Il se peut aussi que nous positionnions des véhicules à Zeebrugge et que nos transports partent de là. Par le passé, les chauffeurs devaient – c’était contractuel -, se présenter chaque jour à Tongres ou dans notre site néerlandais de Raamsdonksveer. Ce n’est plus d’actualité. Nous devons suivre les clients. »

 

 

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