H. Essers ‘pas trop impacté’ par la crise des migrants

 18/03/2016  Claude Yvens  Expertise Center
H. Essers ‘pas trop impacté’ par la crise des migrants

S’exprimant dans le cadre d’une soirée organisée mardi soir à Anvers sur le thème ‘Immigration et secteur du transport’, Valerie Nolens (Risk Manager du groupe H. Essers) s’est montrée plutôt rassurante… pour les entreprises qui investissent dans la prévention.

La soirée était organisée par le bureau de gestion des risques KVDS et a rassemblé une grosse centaine de personnes. Elle a été l’occasion de faire le point sur l’évolution des techniques utilisées par les passeurs (et sur l’augmentation du degré de violence constaté sur le terrain), mais également d’écouter les retours d’expérience de transporteurs, dont H. Essers qui était représenté par son Risk Manager Valerie Nolens : « Pour l’instant, l’impact reste relativement limité tant que les migrants ne pénètrent pas à l’intérieur du véhicule ou de la semi-remorque. En 2015, nous avons enregistré trois incidents sur un total de 1.4 million de trajets, contre deux en 2014. »
On ne peut donc pas parler d’explosion, mais ce chiffre est probablement dû aux nombreuses mesures de prévention prises par H. Essers, que détaille Valerie Nolens : « Le planning doit indiquer très précisément au chauffeur où il peut et ne peut pas s’arrêter. Cela fait par exemple cinq ans que nous interdisons tout arrêt sur les parkings entre Bruxelles et la côte et que la Macédoine est une ‘no go zone’. Nous avons aussi adapté notre matériel roulant, en tirant des leçons de notre expérience sur la route des Balkans : nous n’utilisons que des fourgons pour les trafics vers le Royaume-Uni. »
Quant à utiliser des itinéraires alternatifs, Nolens se montre plus circonspecte. « Calais représente 70 % de toutes les exportations britanniques, et il n’est donc pas facile de l’éviter. Or, il y a de plus en plus de chauffeurs qui ne veulent plus rouler vers le Royaume-Uni, menacés qu’ils sont à Calais ou mal reçus quand ils signaent à la police qu’ils ont remarqué un comportement suspect.»
H. Essers répond bien sûr aux prescriptions du Code of Conduct exigé par les douanes britanniques, mais va plus loin. « C’est d’ailleurs une des leçons que nous pouvons tirer de la crise actuelle, conclut Nolens : il se crée une conscientisation de la sécurité qui n’existait pas avant. Et au-delà des aspects dramatiques de la crise humanitaire qui frappe l’Europe et les migrants, c’est peut-être la plus grande opportunité qui s’offre au monde du transport. »

Des passeurs de plus en plus violents

D’autres intervenants ont par ailleurs établi un état des lieux peu rassurant :
– les passeurs font prendre de plus en plus de risque aux candidats à l’asile : après les semi-remorques bâchées, ils s’attaquent maintenant aux véhicules frigo et aux transports de vrac
– le prix d’un passage entre la belgique et le Royaume-uni es actuellement de 3500 EUR. Les passeurs proposent même des formules ‘garanties’ à 5000 EUR, où les candidats peuvent tenter leur chance autant de fois qu’ils le veulent
– les parkings autoroutiers de Flandre Occidentale seraient aujourd’hui entièrement contrôlés par des organisations kurdes, composées d’ex-militaires
– les techniques utilisées permettent de remettre en état les cordons et sceaux TIR, de manioère à ce que le chauffeur ne remarque rien lors d’une inspection de routine.

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