Groover et KTO à propos de la taxe kilométrique : “Répercuter le surcoût et espérer de meilleures infrastructures”

 10/03/2016  Yannick Haesevoets  News Transport, Economie
Groover et KTO à propos de la taxe kilométrique : “Répercuter le surcoût et espérer de meilleures infrastructures”

A quelques semaines de l’entrée en vigueur du prélèvement kilométrique dans notre pays, nous avons pris le pouls de Groover International et de KTO Transport & Logistics. Où en sont-ils dans la préparation technique ? Quel sera le surcoût ? Et qu’attendent-ils finalement de cette taxe kilométrique ?

Marc Van Grootel (photo) de Groover International – 20 tracteurs et 40 semi-remorques actifs à 70 % en Belgique – fait ses comptes depuis quelques mois à l’aide du planificateur d’itinéraires de TLN. “J’ai déjà encodé presque tous les trajets que nous effectuons pour savoir ce que la taxe kilométrique va représenter“, détaille-t-il. “Sur base de cela, j’ai réalisé une estimation du coût effectif. J’ai également utilisé un coefficient qui tient compte des coûts cachés“. Il arrive de cette manière à un surcoût moyen de 8%, qu’il répercutera à partir du 1er avril.

Thierry Verstraete de KTO Transport & Logistics – spécialisé dans le transport de revêtement de sol, et actif de plus en plus en tant que distributeur pour le secteur du Do It Yourself – a également fait ses comptes : “J’ai déjà fait mes calculs en octobre dernier, et averti mes clients du surcoût. Je travaille avec un supplément de coût à la tonne, que je calcule sur base du kilométrage moyen et du taux moyen de remplissage d’une tournée“. Comme les véhicules de KTO transportent en même temps des marchandises pour différents clients, ce supplément à la tonne constitue un système plus correct que l’application d’un simple pourcentage d’augmentation, explique-t-il. Tout comme son collègue, Thierry Verstraete constate que ses clients savent qu’ils n’auront pas beaucoup d’autre choix que de payer le surcoût. “Pour moi, c’est une sorte d’impôt. On peut discuter du prix, du service et de beaucoup d’autres choses, mais pas des impôts“.

KTO et Groover International, deux membres de Transport & Logistics Vlaanderen (TLV), ont commandé leurs On Board Units chez Satellic, sans attendre d’autres fournisseurs potentiels. “Je me suis enregistré via TLV“, reprend Marc Van Grootel. “Cela s’est fait très rapidement. Quand les unités embarquées arrivent, nous les enregistrons et les couplons à nos véhicules. Mais nous devons parfois attendre car les OBU’s n’arrivent pas aussi vite que nous le voudrions. En principe, tous nos véhicules seront équipés la semaine prochaine. J’ai confié la mission à un technicien externe qui viendra installer tous les OBU’s chez nous“.

Amélioration des infrastructures

Mais ce que je regrette amèrement“, conclut Marc Van Grootel, “c’est que chaque pays en Europe dispose de son propre système. En Belgique, nous en avons même trois ! Où est l’Europe ? Techniquement, il est quand même tout-à-fait possible de travailler avec un seul système ?

Et ce qui préoccupe surtout Thierry Verstraete, c’est la promesse que l’argent récolté par l’état via la taxe kilométrique soit effectivement investi dans les infrastructures. “Le principe d’un prélèvement kilométrique pour les poids lourds est finalement assez logique. Mais il subsiste beaucoup de doutes sur la destination des fonds récoltés. Regardez le ring d’Anvers, et aussi celui de Bruxelles : nous avons déjà un important retard en terme de mobilité. Maintenant que le secteur va payer sa part, c’est au monde politique de faire son travail et de s’assurer que notre argent serve à l’amélioration des infrastructures“.

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