Gefco s’exprime sur la taxe kilométrique en Belgique

 17/03/2016  Claude Yvens  Réglementation, Economie
Gefco s’exprime sur la taxe kilométrique en Belgique

Société de transport internationale de référence, Gefco a évidemment son point de vue sur la taxe kilométrique belge.

Presque tous les biens transportés au départ de ou à travers la Belgique sentiront l’effet de la nouvelle taxe kilométrique. En effet, compte tenu de la taille du pays, les transporteurs rouleront quasi tout le temps sur des routes soumises (partiellement) au péage. Les charges financières de la taxe auront un impact significatif sur les coûts du transport, les entreprises logistiques et leurs clients.

Les coûts du transport de marchandises entre, par exemple, Rotterdam et Bruxelles augmenteront de 4,45 % à partir du 1er avril. Si vous souhaitez transporter du fret entre Bruxelles et Luxembourg, les coûts pourraient même grimper de 7,05 %. Mais saviez-vous que les principales routes économiques belges sont exemptées de taxe kilométrique ? Les routes de et vers les zones portuaires, comme la R2, des tronçons de la R4, la N49 (Zelzate – Westkappelle) et la N31 (Lissewege – Zeebrugge) ne sont pas soumises à la taxe afin de ne pas entraver le commerce principal.

Frederik Nartus, General Manager de Gefco Benelux, indique qu’il est « très important que nous restions compétitifs dans le secteur logistique, mais que les dommages écologiques sur les routes européennes soient fortement réduits. » Gefco, une des plus grandes entreprises de transport d’Europe, a déjà commencé à s’attaquer aux problèmes environnementaux, en investissant par exemple dans des véhicules Euro 6 pour leur propre flotte et celle de leurs partenaires.

Gefco estime tout d’abord que les entreprises doivent investir dans le renouvellement de leur flotte, en achetant des véhicules qui émettent moins de gaz et qui sont plus écologiques. La taxe est liée au type de véhicule. Un poids lourd Euro 3 paiera une taxe plus élevée qu’un Euro 6 en raison de ses effets moindres sur l’environnement. La taxe en fonction du type de véhicule a pour but de réduire la pollution de l’air dans une Belgique toujours plus polluée.

Par ailleurs, Gefco conseille d’investir aussi dans l’optimalisation du fret et les méthodes de planification efficaces, par exemple en développant des solutions de transport collaboratives ou en acquérant des outils de planification avancés.

Gefco pense que la nouvelle taxe kilométrique n’atteindra pas l’objectif ultime des pouvoirs publics belges, à savoir la réduction des embouteillages et de la pollution de l’air. La taxe kilométrique ne pousse pas les transporteurs à rouler en dehors des heures de pointe, qui constitue pourtant une des causes d’embouteillage et de pollution de l’air. Selon Gefco, un système de taxe basé sur la conduite pendant ou en dehors des heures de pointe aurait été plus efficace pour pousser les transporteurs à rouler en dehors de ces heures de congestion.

Les différences d’organisation entre les régions flamande, wallonne et bruxelloise demandent beaucoup plus de travail et d’adaptations que si la taxe kilométrique avait été organisée au niveau national. Les trois différentes zones complexifient les calculs et les questions de responsabilité et entraînent finalement des coûts plus élevés dus au temps investi dans l’administration de la taxe kilométrique.

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