Fabrice Ausloos : « J’espère que le CA de Viapass admettra un faux départ »

 01/04/2016  Claude Yvens  Réglementation, Economie
Fabrice Ausloos : « J’espère que le CA de Viapass admettra un faux départ »

Fabrice Ausloos, patron de l’entreprise Transport Ausloos Fabrice (Villers-le-Bouillet), est un des transporteurs à avoir rencontré ce matin le ministre wallon du Budget Christophe Lacroix dans le cadre de l’entrée en vigueur du prélèvement kilométrique. Il espère que le Conseil d’Administration extraordinaire de Viapass qui se tiendra ce vendredi dès 17h30 à Bruxelles admettra que « les OBU ne sont pas fiables et que ce 1er avril était un faux départ pour la redevance kilométrique ».

« Ce matin, en réunion avec le ministre Christophe Lacroix, nous avons demandé à ce que la redevance kilométrique soit reportée », développe le transporteur Fabrice Ausloos. « La raison ? Les OBU ne sont absolument pas fiables. Des collègues transporteurs et moi rencontrons divers problèmes avec ces boîtiers : des montants différents alors que deux véhicules font exactement les mêmes trajets, des problèmes de géolocalisation avec un calcul des kilomètres sur des sites privés… A côté de cela, certains distributeurs d’OBU ne fonctionnent pas. Le système n’est tout simplement pas au point. Votre voisin pourrait ne pas payer le même montant que vous. C’est inadmissible, c’est de la discrimination. »

Fabrice Ausloos espère que ce 1er avril sera un « faux départ » pour le prélèvement kilométrique. « Avec tous les problèmes que présente le système, je ne trouve pas cela normal que les kilomètres de nombreux transporteurs soient comptabilisés ce vendredi pour être ensuite facturés. J’estime qu’on devrait remettre les compteurs à zéro et admettre que ce 1er avril était un faux départ. J’espère que le Conseil d’Administration extraordinaire qui se réunit tout à l’heure à Bruxelles prendra cette décision. »

 « Il y aura un problème de cash-flow »

Le transporteur, qui possède 5 véhicules, s’inquiète vraiment pour l’avenir des petits transporteurs suite à l’introduction du prélèvement kilométrique. « On y arrivera pas. Même si on peut répercuter le montant de la taxe, il y aura un problème de cash-flow. Lorsqu’on travaille pour un donneur d’ordre français, on est payé après 30 jours maximum, grâce à une obligation légale instaurée à l’époque par Nicolas Sarkozy. En Belgique, ce n’est pas le cas. On peut très bien être payé après 90 jours. D’où un problème de liquidités. Et la taxe kilométrique ne va rien arranger. »

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