Enquête ‘taxe kilométrique’ : l’interopérabilité en tête de gondole

 13/11/2018  Claude Yvens  Fleet Management, Etudes
Enquête ‘taxe kilométrique’ : l’interopérabilité en tête de gondole

Puisqu’il y a maintenant une réelle situation de concurrence sur le marché de la taxe kilométrique à la belge, nous avons sondé les gestionnaires de parc sur les services supplémentaires qu’ils attendent de la part de leur fournisseur. Sans surprise, l’interopérabilité avec les pays voisins arrive en tête des souhaits des transporteurs.

En avril 2016, seul Axxès avait réussi à s’immiscer dans ce que certains appelaient alors le monopole de fait de la société Satellic. Depuis lors, la situation a bien changé, et il y a désormais cinq opérateurs agréés par Viapass. Cinq opérateurs, mais bien davantage de canaux commerciaux, puisque plusieurs groupes pétroliers et/ou fournisseurs de solutions de cartes de paiement proposent aux flottes belges les OBU de l’un ou l’autre opérateur EETS agréé (Shell et Multi Service Tolls avec Axxès, UTA avec Telepass…). Même Transport en Logistiek Vlaanderen s’y est mis en devenant distributeur d’Eurotoll. D’autres acteurs attendent leur heure, comme DKV Euro Services qui attend que son propre boîtier (développé par Toll4Europe dont il est actionnaire) pour se profiler comme davantage qu’un tiers payeur.

Les transporteurs plus motivés

Tous ces OBU diffèrent par leurs performances, leur modèle commercial, mais aussi par les pays où ils sont utilisables. Et c’est tout l’intérêt de l’enquête menée par la rédaction de Transportmedia, puisqu’il apparaît clairement que l’intérêt des gestionnaires de flotte varie fortement selon qu’il s’agisse d’une flotte de transport pour compte de tiers ou d’une flotte pour compte propre.

On note tout d’abord que la moyenne générale des réponses des comptes propres est de 3,56 sur 5, là où le chiffre monte à 3,83 pour les transporteurs pour compte de tiers. On peut en déduire que les transporteurs pour compte de tiers expriment davantage d’attentes par rapport à leur fournisseur d’OBU que les flottes pour compte propre, et que ces dernières sont donc plus faciles à fidéliser à leur fournisseur actuel. Fournisseur qui ressemble très fort au portrait de Satellic, avec son principe de caution remboursable, d’absence de frais de location et ses distributeurs automatiques.

Interopérabilité avec les pays voisins

Deuxièmement, l’interopérabilité est la demande principale des transporteurs, mais n’arrive qu’en dixième position (sur 11) dans les flottes pour compte propre. Logique, dans la mesure où ces dernières ne sortent pas souvent des frontières… Pour elles, c’est clairement la facilité de gestion qui compte le plus. Pour les transporteurs par contre, le fait de pouvoir utiliser le même OBU dans les pays voisins (surtout) -et quelques destinations plus éloignées (un peu) devrait déterminer le choix du partenaire pour la taxe kilométrique belge. Rappelons que l’interopérabilité avec la France est assurée par tous les OBU (sauf celui de Satellic) et que les annonces concernant l’Allemagne devraient tomber dans les prochaines semaines.

Sans que ces pays n’aient implémenté de taxe kilométrique, les deux autres pays du Benelux font aussi partie des priorités. On peut faire le pari que la quasi-totalité des flottes belges de transport souhaiteraient une interopérabilité au niveau du Benelux si les Pays-Bas et le Luxembourg devaient passer à un système ‘pollueur-payeur’.

L’autre domaine où transporteurs et comptes propres ont des attentes radicalement différentes est l’existence d’un programme de fidélité ou de remises (qui semble n’intéresser que les transporteurs).

Le track & trace peu populaire

Les deux catégories de gestionnaires de flotte s’entendent par contre pour n’accorder que peu d’intérêt aux services de track & trace, même dans leur version plus évoluée (geofencing). Soit les flottes sont déjà équipées d’un système de track & trace plus évolué et intégré à leurs autres outils de gestion, soit elles savant que le futur tachygraphe digital fournira ce service de base dès l’an prochain (sur les véhicules nouvellement immatriculés), soit… il ne s’intéressent pas du tout à la traçabilité de leurs véhicules.

Les résultats complets

Pour chaque question, le résultat global (de 0 à 5, 5 représentant le summum de l’intérêt) est suivi du résultat obtenu auprès des comptes propres et des transporteurs pour compte de tiers.

Service

  • De disposer d’un réseau de distributeurs automatiques pour la fourniture ou l’échange rapide d’un OBU : 3.94 (4.09 / 3.90)
  • De recevoir via l’OBU des messages d’urgence liés votre véhicule ou votre positionnement : 3.62 (4.00 / 3.51)
  • De disposer d’un service d’assistance disponible dans votre langue en 24/7 : 4.40 (4.18 / 4.46)

Gestion des coûts

  • De pouvoir éviter les frais additionnels (location, gestion, etc.) en payant une caution remboursable : 3.90 (3.82 / 3.93)
  • De pouvoir choisir votre moyen de paiement et votre rythme de facturation : 4.27 (4.27 / 4.27)
  • De disposer d’un programme de fidélité ou de remises : 4.21 (3.36 / 4.44)

Géolocalisation

  • Que l’opérateur vous propose un service de track & trace de base : 3.17 (3.00 / 3.22)
  • Que l’opérateur vous propose un service de geofencing : 3.06 (2.82 / 3.13)
  • Que l’opérateur vous propose un simulateur de trajets et d’émissions de CO2 : 3.12 (3.27 / 3.07)
  • De disposer d’informations intégrables à vos plateformes de gestions existantes : 3.54 (3.45 / 3.56)

Interopérabilité

  • Que l’OBU soit aussi utilisable dans d’autres pays : 4.25 (2.91 / 4.61)
  • Si oui, dans quel(s) pays en priorité ?

Top 5 pour les transporteurs

  1. Interopérabilité (4.61)
  2. Helpdesk (4.46)
  3. Programme de fidélité (4.44)
  4. Choix du mode de paiement (4.27)
  5. Principe de la caution (3.93)

Top 5 pour les comptes propres

  1. Choix du mode de paiement (4.27)
  2. Helpdesk (4.18)
  3. Distributeurs (4.09)
  4. Messages d’urgence (4.00)
  5. Principe de la caution (3.82)

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