En visite chez Dépannage Choffray: l’artillerie lourde

 17/03/2017  Claude Yvens  Economie, enews
En visite chez Dépannage Choffray: l’artillerie lourde

Installé à Vielsalm, le dépanneur de poids lourds Vincent Choffray occupe une dizaine de personnes et réalise environ 400 interventions par an, autant en Belgique qu’à l’étranger. Petite immersion dans le quotidien de ce métier que l’Ardennais pratique avec une passion, une rigueur et un matériel hors normes.

Chez les Choffray, le virus du dépannage-remorquage est familial. Ancien chauffeur routier et pompier professionnel, Vincent Choffray a créé son entreprise dans les années ’90. Depuis, il a enrôlé son épouse et sa fille dans les bureaux. Quant à ses deux fils, l’un est membre à part entière de l’équipe d’intervention et l’autre n’attend que d’avoir l’âge requis pour suivre la même voie. Pas celle d’un simple dépanneur. Celle d’un dépanneur pour poids lourds. La nuance est de taille. Un simple coup d’oeil au rutilant parc roulant de Vincent Choffray suffit à s’en convaincre : véhicules moteurs surpuissants et super équipés, grues mobiles de 30 à 160 t et matériel tracté tout aussi impressionnant.

S’adapter aux évènements

Pourquoi une telle débauche de matériel ? Là où un simple camion plateau suffit à embarquer une voiture, c’est parfois une véritable petite flotte qu’il faut déployer pour intervenir sur les lieux d’un accident de poids lourd.

« Si le véhicule s’est renversé ou est tombé dans un endroit difficile d’accès, nous devons en plus de la dépanneuse envoyer sur place l’une de nos grues », nous explique Vincent Choffray. « Comme il n’est pas rare que les tracteurs, porteurs ou semis accidentés soient impossibles à remorquer, il faut les charger sur d’autres véhicules permettant leur transport. Ensuite, si le contenu d’une semi s’est déversé sur la chaussée, nous devons être en mesure de le récupérer. Ici l’intervention dépend de la nature de la marchandise, du fait qu’elle soit ou non récupérable et des instructions des assurances ou des autorités. Selon les cas, elle est chargée et évacuée via notre semi bâchée ou par containers. Nous disposons d’ailleurs d’une semi crochet porte-containers très spécifique avec pince à déchets. Couplée à un tracteur équipé d’une grue de 52 t/m, elle permet de charger et d’évacuer autant de containers que nécessaire vers le parking le plus proche pour nettoyer rapidement un lieu d’accident et récupérer les containers par la suite. »

Des machines et des hommes

En fonction de sa complexité, une intervention peut rapidement s’étendre sur une demi-journée voire une journée complète et mobiliser un certain nombre de personnes qu’il n’est pas facile de recruter. Les ficelles du métier s’apprennent sur le tas. Néanmoins, les poids lourds étant de plus en plus complexes, un bon bagage est devenu essentiel pour pouvoir parfois simplement débloquer un camion immobilisé. L’IFAPME propose une formation efficace de réparateur poids lourds par laquelle passent désormais les dernières recrues de Vincent Choffray, dont son propre fils. C’est non seulement la qualité de son matériel mais aussi l’efficacité de son personnel qui ont construit l’excellente réputation de l’entreprise auprès des transporteurs, des autorités et des autres professionnels du secteur sur le plan international.

« Il y a clairement davantage d’accidents qu’avant, constate V. Choffray. D’un côté, il y a de plus en plus de véhicules sur nos routes, ce qui augmente le risque. Par ailleurs, en cherchant à travailler toujours moins cher, le secteur est confronté à une forte baisse de la qualité moyenne des chauffeurs. Enfin, depuis l’avènement du GPS, nous devons régulièrement récupérer des camions coincés sur des routes inadaptées ou dans les bois… »

Do it yourself

Le dépannage n’occupe pas pour autant les troupes de Vincent Choffray à temps plein. Comme chaque membre de l’équipe est polyvalent, l’entreprise propose d’autres activités : la réparation de poids lourds, les travaux sur systèmes hydrauliques, la soudure, la location de grues. Choffray dispose également du statut de constructeur qui lui permet de fabriquer lui-même les dépanneuses qu’il utilise.

« Nous achetons le véhicule nu et assurons toute la réalisation nous-même hormis la peinture. On nous demande régulièrement de fabriquer des dépanneuses pour d’autres sociétés mais nous n’avons pas les ressources nécessaires. Cela dit, quand nous terminons une nouvelle dépanneuse, nous en vendons une ancienne à un confrère. »

Le développement qu’a connu son entreprise est impressionnant mais Vincent Choffray ne compte pas en rester là. Il espère construire dès le printemps prochain un nouveau bâtiment dans le prolongement de son garage. Celui-ci lui permettra d’aménager de nouveaux bureaux, d’effectuer le contrôle technique de poids lourds et de donner une autre dimension à son activité de constructeur. La création d’une nouvelle dépanneuse sur base de la dernière génération de Scania est d’ailleurs dans ses cartons. Une 8×4 de 800 ch avec une grue de 80 t/m. Vincent Choffray n’a qu’une hâte : que le constructeur commercialise le modèle…

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