[EN IMAGES] Profession : chauffeur grumier

 26/07/2016  Yannick Haesevoets  News Transport, Economie
[EN IMAGES] Profession : chauffeur grumier

Le secteur du bois en Belgique, c’est environ 4 millions de m3 de bois prélevés chaque année. 80 % de ce bois vient de Région wallonne, essentiellement des vertes provinces de Luxembourg et de Liège. C’est précisément sur ces deux territoires que nous avons accompagné un grumier de Jost Group entre le bois et la scierie. Histoire de découvrir les spécificités d’un métier du transport pas comme les autres.

 

En dehors des exploitants forestiers, on estime à environ 200 le nombre d’entreprises qui pratiquent le transport de grumes et de billons en Belgique. Il s’agit essentiellement de petites sociétés hyper-spécialisées de 5 à 10 camions. Vu son ampleur, Jost Group fait un peu figure d’exception. Il s’agit toutefois d’une activité historique du transporteur qui n’occupe que 7 de ses véhicules. Elle se justifie d’autant mieux qu’elle alimente les lignes de sciage d’IBV (Vielsalm), scierie qui fait partie de Jost Group.

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Charger n’est pas jouer

Dominique Heinskyl partage son temps de travail entre le volant de son Mercedes-Benz Actros et les commandes de sa grue Loglift. Son métier de chauffeur grumier, il le pratique chez Jost depuis une quinzaine d’années. Avec une passion liée aux particularités de l’activité :

« Elle me donne une certaine forme d’indépendance, me rapproche de la nature et me sollicite sur le plan physique », se réjouit-il. Un métier que lui a transmis un ancien comme c’est presque toujours le cas dans ce secteur, même si des formations existent depuis peu (*).

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Lorsque nous le retrouvons à l’orée d’un bois malmédien, Dominique nous attend pour charger. En un coup de grappin, il dépose son dolly dans le prolongement du véhicule moteur. Quelques secondes plus tard, avec une dextérité étonnante, il fait virevolter des troncs de 21m50 (longueur technique maximale admissible pour la scierie) pour les disposer en quinconce. L’essentiel des pointes des résineux prennent néanmoins appui sur le dolly dont la charge utile admissible est moins importante que celle du tracteur. La répartition du poids est de l’ordre de 60 % à l’avant et 40 % à l’arrière. Le chargement dure environ 45 minutes. Il se termine par le sanglage des grumes, la découpe des pointes et l’installation d’un panneau indiquant le caractère exceptionnel du convoi.

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La débrouille 

Une trentaine de kilomètres seulement séparent le lieu de chargement de la scierie. Le trajet commence par quelques routes étroites et sinueuses, par quelques ronds-points. Vu de derrière, le déport du dolly dans les courbes est impressionnant mais à chaque fois, le convoi de 27 m et 44 t trouve son chemin. Ça frôle une haie, un véhicule en stationnement, un panneau de signalisation… mais jamais ça ne touche ! La maîtrise du chauffeur est réelle. Arrivé au centre de Vielsalm, une route en travaux non signalée bloque le convoi. La longueur de ce dernier ne lui permet pas de faire demi-tour. Loin de se décomposer, Dominique doit improviser. Il demande à des éboueurs de passage de l’aider à se frayer un chemin dans la seule issue possible : une rue en sens interdit. Ni une, ni deux, la circulation est bloquée par les deux hommes efficaces. Les automobilistes comprennent et se rangent. Dix minutes plus tard, le chauffeur immobilise son véhicule le long de la table de découpe de la scierie. Il saute sur sa grue et décharge sans attendre. Ces grumes seront valorisés à 60% en bois scié. L’excédent, fait d’écorces, chutes de bois et sciures sera transformé en pellets ou brûlé dans une centrale de cogénération qui permet à IBV d’être autonome en énergie (thermique et électrique) et de réinjecter sur le réseau l’équivalent de la consommation de 40.000 habitations. Une entreprise qu’alimente Dominique à hauteur de 15.000 t par an avec son seul grumier.

(*) Une formation « chauffeur grumiers » de 10 semaines est organisée de manière récurrente par le centre de compétences FOREM Wallonie Bois de Libramont avec l’appui de l’Union Nationale des Entreprises du Bois qui regroupe 250 acteurs de la filière bois.

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