ECG Conference: quand les clients deviennent transporteurs

 29/12/2015  Claude Yvens  Expertise Center
ECG Conference: quand les clients deviennent transporteurs

La conférence annuelle d’ECG s’est tenue sur fond de marché automobile européen en progression et de manque de capacité de la part des transporteurs. Qui risquent donc de passer sous la houlette de leurs clients…

Cela fait plusieurs années qu’ECG, l’association des logisticiens de l’automobile, martèle le même message : « Investissez ! » Le premier de leurs clients à avoir insisté sur cette nécessité était Egon Christ (Daimler) en… 2010.

Investissez !

Cinq ans plus tard, c’est la sonnette d’alarme que tire le (futur-ex) président d’ECG Constantino Baldissara : « Pour reconstruire notre secteur, les entreprises ont besoin de 2,5 milliards EUR. Il faut investir dans la flotte, les bateaux et les compounds. Si nous n’en sommes pas capables, ou si les entreprises actives principalement dans le transport routier ne se regroupent pas, ce sont nos clients qui le feront à notre place. »

Peter Weiss (Fiat Chrysler Automobiles) ne dit pas autre chose quand il constate les effets du manque de capacité de transport sur son organisation : « Il y a un manque de véhicules et de chauffeurs, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Systématiquement, cela impacte négativement le niveau de service et la flexibilité des opérations entre les différents modes de transport ; Et cela nous coûte aussi plus cher. »

Il est vrai que l’état de l’industrie automobile européenne s’est rapidement amélioré, comme l’a montré Philippe Funda (PwC) : même si l’Espagne ou l’Italie mettront encore trois ou quatre ans à revenir à leur niveau d’avant-crise, 2015 sera une année de forte progression pour les immatriculations et pour la production automobile en Europe. La croissance ralentira un peu par la suite, mais semble garantie jusqu’en 2019. Des chiffres qui créent un redoutable ‘effet ciseau’ pour des transporteurs qui n’ont pas pu renouveler ou agrandir leur flotte.

A l’appui de sa démonstration, Baldissara cite trois exemples récents : la société turinoise iFast a été achetée à 100 % par Fiat, la société polonaise Adampol (600 unités de transport) par Glovis (le logisticien de Hyundai-Kia) et Ford se construit une flotte de transport au Royaume-Uni. « Quand un client achète un logisticien, la logistique devient une commodité. Ce logisticien devient un concurrent très agressif pour tous les autres membres d’ECG. » Jusqu’au moment où le constructeur décide de se défaire totalement ou partiellement de sa participation (PSA et Gefco, Renault et CAT), serait-on tenté d’ajouter.

Cabotage : l’exemple britannique ?

Dans l’industrie automobile, les flux sont très volatiles. Dernier exemple en date : les constructeurs qui rapatrient dare-dare des voitures qui ne seront pas vendues au Brésil ou en Russie vers l’Allemagne, créant une pénurie de places dans les compounds, mais aussi pour le transport, surtout routier. « Une des solutions pourrait consister à étendre à l’Europe la manière dont le Royaume-Uni applique le cabotage : en cas de pénurie, les restrictions sur le cabotage sont tout simplement levées », a rappelé Peter Weiss (FCA).

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ECG Conferentie: wanneer klanten vervoerders worden

 

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