Coup d’envoi de la distribution urbaine intelligente à Bruxelles

 16/10/2014  Yannick Haesevoets  Contract Logistics
Coup d’envoi de la distribution urbaine intelligente à Bruxelles

Après Hasselt, le « distributeur urbain » CityDepot fait ses premiers pas à Bruxelles. Depuis le Terminal International Routier (TIR), CityDepot propose des services de stockage et de groupage de marchandises qui sont ensuite acheminées à bord de cinq à six véhicules écologiques dans la capitale.

Le programme Interreg européen (FEDR) LaMiLo – Last Mile Logistics – est garant d’un subside de lancement de € 200 000 au cours des six prochains mois. Or, le coût du projet s’élève au double. CityDepot ne compte pas s’arrêter là. En effet, la société veut s’étendre à d’autres villes. « D’ici la fin de l’année, nous avons l’intention d’être opérationnels à Genk et à Saint-Trond. Début 2015, nous tenterons d’implémenter notre modèle de distribution à Bruges et à Ostende, puis à Gand. Au cours de la deuxième moitié de l’année, viendra le tour d’Anvers, » explique le fondateur et administrateur Marc Schepers. « Nous voulons être présents dans 12 villes à l’horizon 2016. »

Le modèle économique du distributeur urbain tient la route. « Les faits et les chiffres prouvent que ce projet est réalisable économiquement, » poursuit Marc Schepers qui se réjouit d’avoir été sélectionné parmi les nombreux candidats hautement qualifiés qui se sont présentés. Les autres partenaires du projet sont entre autres le Port de Bruxelles, Bruxelles Mobilité, Beci, Comeos, Izeo, l’UCM, mais aussi Tri-Vizor (Alex Van Breedam).

Le défi de la capitale

Après trois semaines d’activités à Bruxelles, CityDepot prend en charge le cross-docking pour une poignée de transporteurs – Essers, KBS, Eurobrokers, DPD, mais aussi Oxfam – et l’approvisionnement de près de 200 commerces et autres clients. Aujourd’hui, nous livrons des biens de grande consommation (FMCG). « Nous sommes en pourparlers avec des sociétés de produits frais et congelés. Une collaboration est prévue pour le début de l’année prochaine. Nous ne transportons pas de marchandises dangereuses par route (ADR). » La société emploie cinq collaborateurs. D’ici six mois, l’équipe devrait être renforcée par cinq externes. Au départ en un seul shift, ensuite en deux. « Nous souhaitons avant tout utiliser le “tôt” et le “tard” pour rouler en dehors des heures de pointe. »

Car le grand défi, c’est la complexité de la capitale. Marc Schepers entend par là la densité de la circulation, mais aussi les difficultés dues aux fenêtres de livraison propres des 19 communes. « Il est cependant plus facile de trouver des clients dans la capitale qu’au sein d’une plus petite ville. Tout le monde trouve son compte dans ce système : les transporteurs ne doivent plus se rendre au centre-ville avec leurs poids lourds et les commerçants ne sont plus livrés qu’une seule fois par jour. » Les clients sont donc tant des sociétés de transport que des commerçants locaux qui paient pour ce service. CityDepot entend également offrir des « services de stockage » à ceux qui souhaitent externaliser leur stock. L’organisation dispose à Bruxelles d’un entrepôt de transit de quelque 975 m2 où il est possible d’empiler jusqu’à trois palettes. « C’est un peu bas, » reconnaît Marc Schepers.

Logistique inverse

Un atout de la jeune société est la structure IT qu’elle a développée « in the cloud ». Cela requiert d’abord « la mise en correspondance » et « le développement » d’une ligne de communication en temps réel avec tout nouveau partenaire. « Cette mise au point technique peut prendre d’une semaine à un mois et demi. » Les marchandises sont déposées le matin très tôt, entre 6 et 9 heures. Elles sont ensuite scannées et triées pour être acheminées entre 10 et 15 heures. Toutes le même jour. La structure IT optimalise les tournées et le chargement au maximum des véhicules. CityDepot se charge également de la logistique inverse et reprend les emballages, les papiers, les cartons, les plastiques propres et les verres. « C’est aussi important que le premier kilomètre, » insiste Marc Schepers qui espère en outre que la solution de CityDepot participera à une réduction de 30 à 40 % de CO2.

À Hasselt, où le modèle économique de CityDepot fait ses preuves depuis trois ans, la société achemine quelque 23 000 m3 de marchandises par an à bord de cinq à six véhicules. Ceux-ci sont tantôt alimentés au gaz naturel tantôt équipés de moteurs diesel EURO VI, comprennent des vélos et un camion électrique. D’après ce qu’on dit, l’e-Truck, l’un des projets-pilotes de l’ancien gouvernement, serait en veille « parce qu’il n’a pas été homologué auprès du SPF Mobilité et Transports. »

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