Bart Bosmans (DAF Trucks Belgium) : “Evolution plutôt que révolution”

 14/02/2017  Claude Yvens  Economie
Bart Bosmans (DAF Trucks Belgium) : “Evolution plutôt que révolution”

Le nouveau directeur général de DAF Trucks Belgium ne croit pas à une évolution radicale dans le monde du transport, mais bien à des évolutions graduelles. A 36 ans, cette prudence peut étonner, mais nous sommes au sein du groupe Paccar où l’on n’a jamais beaucoup communiqué sur ses futures innovations…

Spécialiste des méthodes de production et de la gestion de la qualité, très proche de ses équipes, Bart Bosmans a maintenant en charge l’importation de DAF en Belgique. Ses premiers pas se sont déroulés dans un contexte favorable, puisque DAF Trucks Belgium a immatriculé à fin octobre 251 unités de plus qu’en 2015 à la même époque, grâce à un bond spectaculaire en porteurs légers et à une grosse commande d’Eandis en particulier.

Comment voyez-vous évoluer le marché belge en 2017, après une très belle année 2016 ?

BB : Je pense qu’il va se stabiliser. Certains clients avaient attendu longtemps avant de renouveler leur flotte, d’autres se sont agrandis via des reprises et un troisième groupe continue à conserver ses véhicules de plus en plus longtemps. La durée du premier cycle économique reste alors fixée entre six et huit ans, mais je remarque que les clients exigent maintenant beaucoup plus de flexibilité de notre part à partir de la cinquième année.

Fuel Dynamics plutôt que LNG

A part des évolutions moteur, DAF montrait très peu de choses neuves au salon IAA. Qu’en sera-t-il à Bruxelles ?

BB : Paccar n’a pas l’habitude de communiquer sur ses prototypes. Ce qui compte, c’est la manière dont nos véhicules abaissent leur TCO. Dans ce contexte, nous axerons notre présence à Truck & Transport autour du concept Fuel Dynamics qui combine toutes les options économisatrices de carburant, un pack aérodynamique complet et, bien entendu, notre nouvelle plate-forme télématique DAF Connect et les formations à l’écoconduite.

En matière de réduction de la consommation, les constructeurs insistent surtout sur le potentiel qui réside à l’arrière des semi-remorques plutôt qu’à l’avant des camions. DAF vendra-t-il des solutions de transport complètes ?

BB : Nous pourrions le faire, mais les clients, surtout en Belgique, préfèrent toujours acheter les deux éléments séparés et personnaliser leur matériel tracté à l’extrême…

Et pourriez-vous livrer des dérives aérodynamiques ?

BB : Pour l’instant, non. Nous les testons, mais nous ne les proposons pas. La future règlementation sur les poids et mesures offrira d’autres possibilités.

Iveco, notamment, mise beaucoup sur le gaz naturel pour réduire les émissions de CO2. Où en est DAF dans ce domaine ?

BB : Pour l’instant, ce n’est pas la meilleure solution pour nos clients. Il faudrait pour cela que la législation change, qu’il y ait davantage de subsides ou que les prix du carburant évoluent fortement. Vous savez, le monde ne change pas aussi vite que cela…

Paccar utilise pourtant des moteurs Cummins Westport ISX12G aux Etats-Unis depuis des années chez Kenworth et Peterbilt. Serait-ce compliqué de transformer ces moteurs pour les utiliser chez DAF ?

BB : Ce sont des moteurs qui répondent à la norme EPA17 qui est assez similaire à Euro 6, donc, techniquement, ce ne serait pas très compliqué. Mais en Europe, il faut encore répondre à beaucoup de questions concernant le réseau et l’autonomie. L’impact des législations est encore limité. Prenez la limitation des émissions sonores dans les villes aux Pays-Bas : nous avons la solution avec nos versions Silent. Pour en revenir au gaz, on peut aussi se poser la question de savoir d’où il provient. Idem avec l’électricité. Nous sommes en partenariat avec VDL pour développer des camions électriques. Si les progrès de la motorisation électrique s’accélèrent, peut-être l’électricité deviendra-t-elle une alternative plus intéressante que le gaz ? Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a plusieurs scénarios à l’étude au sein de Paccar, mais aussi que nous regardons aussi beaucoup plus loin que cela.

Entretien prédictif ? Rien de neuf…

Dans un autre domaine, on voit plusieurs constructeurs proposer l’entretien prédictif. Où se situe DAF dans ce domaine ?

BB : Mais l’entretien prédictif, les bons garagistes le font depuis dix ans ! La seule chose qui change aujourd’hui, c’est que le camion communique ses données lui-même…

Y a-t-il aujourd’hui trop de garages poids lourds en Belgique ?

BB : Il y a encore beaucoup de garages indépendants qui survivent parce qu’ils travaillent à d’autres tarifs. Nos clients ne veulent pas rouler trop longtemps pour aller au garage. Un client ne passera jamais le ring d’Anvers pour aller à l’entretien par exemple.

Pourriez-vous amener le garage chez le client ?

BB : Un service mobile ? On y réfléchit… mais cela aurait un certain prix.

Que souhaitez-vous à vos clients belges pour 2017 ?

BB : Qu’ils aient beaucoup de travail et qu’ils trouvent assez de chauffeurs pour tout faire. Certains de nos clients ne commandent pas de véhicules neufs parce qu’ils n’ont pas les chauffeurs pour rouler avec !

 

Interview VIP

  • Pour quelle personne avez-vous le plus d’admiration ?

BB : Elon Musk. Pour la puissance avec laquelle il fait avancer ses idées et parce qu’il dit qu’il va mettre sa technologie à disposition d’autres entreprises. Autant d’idées dans une seule personne, c’est génial !

  • La phrase qui guide votre action ?

BB : Si vous ne pouvez pas l’expliquer simplement, c’est que vous ne l’avez pas assez bien compris.

  • Quel autre métier auriez-vous voulu exercer ?

BB : Un métier d’artisan. Que ce soit maçon ou mécanicien, j’ai beaucoup d’admiration pour la manière dont ils sont pénétrés par leur métier.

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