Additifs carburant: un zeste de potion magique

 22/01/2016  Claude Yvens  Expertise Center
Additifs carburant: un zeste de potion magique

Les carburants ont une structure chimique complexe dans laquelle de nombreux éléments interagissent, ce qui rend le stockage de carburants compliqué. La qualité doit en effet être maintenue, car la nouvelle génération de moteurs est particulièrement sensible à la propreté et à la qualité des carburants.

Les normes d’émission devenant de plus en plus contraignantes, les constructeurs ont été amenés à développer des systèmes d’injection et de réduction des émissions très complexes. Bien que ces systèmes soient bien conçus, ils sont très sensibles à la pollution et aux dépôts. Il est donc indispensable d’avoir un carburant plus propre ; or, les problèmes apparaissent déjà au niveau du stockage.

Les principaux risques lors du stockage de carburant: la formation de sédiments, d’algues, de bactéries et de micro-organismes ainsi que les réactions de l’eau présente dans le carburant. Les filtres seuls ne permettent pas de combattre ces problèmes ; le recours aux additifs est la solution. Point important : ces additifs ne peuvent pas altérer la qualité du carburant, ni influencer le bon fonctionnement d’un moteur. Le développement de nouvelles normes de qualité de carburant avec une faible concentration en soufre et l’ajout de biodiesel, par exemple, ont encore exacerbé le problème.
Cette réalité nous éloigne de ce groupe douteux d’additifs qui sont souvent présentés comme des potions magiques. Il en existe pour le moteur, pour l’huile de la boîte de vitesses ou de l’essieu arrière, pour le nettoyage des conduits de carburants du moteur, pour l’amélioration des prestations, etc. Nous nous penchons dans cet article sur les produits destinés au stockage de carburant.

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Les carburants ne sont pas stables

Les normes internationales stipulent qu’un produit pétrolier doit rester stable pendant six mois. “Ce n’est pas le cas”, explique Marcel Sztabowicz, directeur technique chez ActiOil. “Les propriétés des esters méthyliques peuvent déjà provoquer une oxydation après une vingtaine de jours. Et des tests effectués au Brésil ont fait apparaître que ce phénomène pouvait déjà se présenter après trois jours seulement dans des circonstances favorables ! Plus il y a de biodiesel dans le carburant, plus la formation d’algues et de bactéries sera importante. Ce phénomène est encore aggravé par la faible concentration en soufre des carburants. Car bien que le soufre ne soit pas biocide en soi, il empêche dans une certaine mesure l’apparition et la croissance de bactéries.”

Problèmes et solutions

Dans les grandes citernes, le problème principal est la condensation et l’apparition de dépôts. Dans ces dépôts, on va retrouver des bactéries et des micro-organismes et, de ce fait, le volume non-exploitable dans la partie basse du réservoir s’agrandit. 100 ppm d’eau dans le carburant par condensation suffisent déjà à créer une prolifération bactérienne. Ces bactéries croissent surtout dans l’interface entre l’eau et le carburant. Elles se nourrissent notamment des esters méthyliques  présents dans le carburant (c’est d’ailleurs surtout un problème avec les biocarburants tirés du colza, des tournesols, du lin, de l’huile de palme et des huiles de récupération). L’eau étant plus lourde que le carburant, elle descend vers le fond de la citerne. Le volume utile de la citerne se contracte ainsi progressivement.  Conséquence : le carburant est moins liquide, peut s’oxyder et les filtres se colmater plus rapidement. Lors du pompage ou de l’ajout d’un nouveau carburant, le sédiment et l’eau sont mélangés avec le carburant. Un carburant pollué nuit au système d’injection du moteur et aux conduits d’alimentation. La pollution va se déposer et pénaliser inévitablement les prestations, augmenter la consommation et les émissions polluantes. Dans les cas les plus graves, le moteur peut même s’arrêter de fonctionner.
Le problème peut être résolu avec un additif pour citernes à carburant qui contient un biocide chimique. Ce biocide éliminera les bactéries, la formation de rouille et l’eau. Sans eau, il n’y a pas de formation de moisissures ou d’algues.
Les fabricants d’additifs conseillent deux traitements par an pour les citernes de stockage. En cas de doute, une analyse du carburant peut être éclairante. Un biocide doit être ajouté avant ou après le remplissage d’une citerne, car toute la pollution est alors atomisée et répartie dans la citerne.  Le biocide fait son travail et les bactéries mortes s’accumulent sur le fond. Le carburant est alors nettoyé, mais il est toujours conseillé de filtrer le carburant pour lever les doutes. En cas de pollution très importante, il n’y a pas d’autre solution que de vider la citerne et de la rincer manuellement. Evitez donc d’en arriver là !

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Croissance des bactéries et chaleur

Les bactéries ont surtout besoin de chaleur, outre l’eau et la nourriture tirée du carburant. C’est pourquoi les produits de nettoyage pour citerne à carburant ne sont pas uniquement conseillés pour les citernes de stockage. Seule une partie du carburant est injectée dans le moteur du camion, le reste retourne dans le réservoir. Ce carburant réchauffé va rapidement réchauffer le carburant restant dans le réservoir. Cette chaleur résiduelle peut s’élever jusqu’à 600 Watt dans un réservoir de 400 litres. Plus le réservoir est vide, plus vite la chaleur se propage. Sous l’effet de l’eau dans le circuit d’air, qui remplace le carburant non-utilisé, des bactéries vont ainsi se former rapidement et endommager le carburant. Dans ce cas-ci aussi, un additif est nécessaire.
Souci supplémentaire : les longs intervalles d’entretien actuels ou une longue immobilisation.  Imaginez que vous conduisiez un véhicule qui a été à l’arrêt pendant six mois et que pendant cette période des dépôts du carburant usé se soient constitués dans le réservoir. Au niveau des injecteurs, ils constituent une véritable agression. Résultat: une combustion incomplète. Les résidus de combustion sont redirigés par le système EGR via l’échappement vers les chambres de combustion, ce qui génère encore plus de pollution. Donc, ici aussi, il convient d’utiliser un additif.

Quelques produits utilisables

ActiOil: A550, A 550 PI en SO Stock Cleaner
Anotec: Cetamine F364
Bardahl: Diesel Conditioner
Greentec: ACC-3000
Imbema Cleton: LE 2300 L-X
Liqui Moly: Antibactérien. Additif diesel
Njord: Ultra Clean Diesel
Wynn’s: Fuel Biocide
Xbee: Fuel Additive

Additifs carburant: un zeste de potion magique

Additieven voor propere brandstof: voeg een toverdrank toe

 

 

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