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Transport Martens : « Avec la taxe kilométrique, c’est un bain de sang qui menace le secteur du transport ! »

 26/02/2016  Yannick Haesevoets  News Transport, Economie
Transport Martens : « Avec la taxe kilométrique, c’est un bain de sang qui menace le secteur du transport ! »

C’est peu de dire que la société Transport Martens a traversé sans dommages les années délicates de la crise économique. Depuis 2008, l’entreprise de transport implantée à Turnhout a non seulement doublé son chiffre d’affaires, mais aussi sa flotte de véhicules.  Une évolution que Paul Martens, gérant de la société, n’entend pas voir s’infléchir même après l’arrivée de la taxe kilométrique, comme en témoignent les 15 nouveaux DAF XF et CF Euro 6 qu’il a encore commandés en 2015.

La société Transport Martens existe depuis 77 ans et son gérant actuel, Paul Martens, représente la troisième génération à la tête de cette entreprise familiale solidement implantée à Turnhout. Son entreprise est active tant sur le marché national qu’à l’international.  Martens assure la distribution de marchandises dans tout le pays, sans toutefois faire de la distribution une véritable spécialisation. Le volet international constitue toujours la majeure partie des activités de la société. “Notre ambition est de libérer nos clients de leurs préoccupations logistiques, en leur offrant une solution totale”, poursuit Paul Martens.

Cette philosophie se traduit également au niveau du transport international, un secteur où Martens couvre entièrement le territoire français en groupage, en livraisons partielles comme en cargaisons complètes et peut donc à ce titre revendiquer le statut de spécialiste de l’Hexagone. Mais Martens assure aussi d’autres destinations pour ses clients qui le demandent. “Nous faisons parfois appel à des sous-traitants pour répondre à ces requêtes, de manière à pouvoir garantir une qualité constante pour le service de transport dont ils bénéficient. Considérez donc que nous faisons rouler 65 véhicules quotidiennement, même si notre flotte interne ne compte qu’une trentaine de tracteurs et une dizaine de porteurs de type fourgon”, précise encore Paul Martens.

Quelque 75% des véhicules de Martens arborent le logo DAF. En 2015, TTA Truckland a livré dix nouveaux DAF CF Euro 6 et autres XF Euro 6, que viendront encore rejoindre cinq nouveaux camions dans les mois à venir. “En procédant de la sorte, nous voulons anticiper la taxe kilométrique qui sera instaurée prochainement tout en faisant un effort au niveau environnemental. Mais nous avons toujours continué à investir dans notre flotte – même durant les années les plus difficiles, en 2008 et 2009. C’est précisément à cette époque que nous avons franchi le pas vers les modèles Euro 5”, explique Paul Martens. Et de souligner dans la foulée l’importance, pour les clients, de pouvoir compter sur une flotte aussi jeune. Ce qui est également vrai pour la firme elle-même : “Si vous envisagez de vous étendre et que vous ne le faites pas en raison de mauvaises perspectives économiques, le risque existe que les investissements à consentir dans l’extension et dans le remplacement des outils de production coïncident un peu plus tard. Continuer à investir même quand les temps étaient plus durs constituait donc un choix mûrement réfléchi.”

Si l’année 2015 est donc à marquer d’une pierre blanche en termes de croissance pour Martens, y compris au niveau de sa flotte, l’exercice 2016 est truffé de points d’interrogation. Avant tout, il y a l’instauration de cette fameuse taxe kilométrique. Paul Martens nourrit un avis tranché sur la question : “Les transporteurs qui ne répercuteront pas la future taxe sur leurs prix ont intérêt à avoir engrangé de très solides marges bénéficiaires ces dernières années. Je crains toutefois que ce ne soit pas suffisant. Le secteur ne dispose pas de la marge nécessaire pour prendre à sa charge cette taxe supplémentaire. Nous allons donc devoir la porter au compte du client, qui la répercutera à son tour sur ses propres clients. Les transporteurs vont donc devoir faire preuve d’une solide force de persuasion. Le bon sens devra l’emporter car à défaut, c’est un bain de sang qui menacera l’ensemble du secteur du transport”, conclut Paul Martens.

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