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Marc Geerts dégoûté par la taxe kilométrique : “Une seule chose est au point : les amendes”

 04/05/2016  Yannick Haesevoets  News Transport, Economie
Marc Geerts dégoûté par la taxe kilométrique : “Une seule chose est au point : les amendes”

Un impôt inutile dont le fonctionnement laisse à désirer“. C’est en ces termes que Marc Geerts décrit la taxe kilométrique belge. Le CEO de Transportgroup Corneel Geerts ne mâche pas ses mots, et veut une amélioration du système. “Sinon, je crains pour la position concurrentielle de la Belgique. Nous risquons de passer à côté de projets et de nouveaux investissements !“.

J’avais espéré que l’introduction de la taxe kilométrique provoquerait une rupture en terme de mobilité“, explique Marc Geerts. “Mais pour le moment, il s’agit d’un impôt inutile, une nouvelle vache à lait pour combler les déficits budgétaires. Je suis partisan d’une taxation intelligente. Si nous pouvons rouler de nuit à un tarif avantageux, et payer un supplément, par exemple de 125 %, pendant les heures de pointe, nous agissons de manière concrète contre les embouteillages. Mais ce n’est pas du tout ce qui se passe. Actuellement, nous payons pour rester à l’arrêt sur des routes qui se transforment en parking“.

Moins concurrentiel

D’après marc Geerts, nous nous tirons une balle dans le pied avec cette taxe kilométrique. “La concurrence interne ne va pas empirer, car le coût est le même pour tout le monde. Mais je crains pour la position concurrentielle de la Belgique. Nous sommes aujourd’hui le centre de la logistique et de la distribution. Mais nous allons perdre de notre attractivité par rapport à Rotterdam, par exemple. Des entreprises comme Nike, à Laakdal, ont créé des milliers d’emplois en Belgique. Dans le futur, je crains que nous ne passions à côté de nouveaux projets et investissements“.

Aujourd’hui, une seule chose fonctionne : le système d’amendes“, poursuit Marc Geerts, non sans cynisme. “Quant aux OBU… Ils ne sont pas du tout au point. Il subsiste de nombreux problèmes. Si on appelle les callcenters, il faut patienter pendant des heures. Mais que se passe-t-il pendant que les camions sont à l’arrêt ? Les coûts continuent de s’accumuler“. Le CEO se pose dès lors la question : “Et qui va payer la facture finale ?“.