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TRANSPORT Management 81 (11/2014)

 27/11/2014  Yannick Haesevoets  

On vit une époque formidable !

Provocateur, le titre de l’édito ? Bien sûr qu’il l’est un peu en cette période où l’économie européenne continue à patiner et la croissance belge à vivoter. Ceci dit, il y a toujours moyen de dénicher des éclaircies dans la grisaille. Comme la capacité d’innovation des constructeurs de poids lourds par exemple.

Innovation first. L’innovation est de plus en plus au cœur de la stratégie de nos constructeurs, et on ne peut que s’en féliciter. A tout seigneur tout honneur, Mercedes-Benz a présenté à l’IAA sa vision de ce que sera le camion de demain. Le Future Truck 2025 est dès aujourd’hui capable de rouler de manière tout à fait autonome : nous l’avons vu croiser à 80 km/h sur une autoroute à Magdebourg alors que le conducteur (qui ne conduit plus rien en fait…) lisait les nouvelles sur sa tablette ! Dans un autre registre, Volvo Trucks multiplie les innovations depuis le lancement du nouveau FH. Après le « Dynamic Steering » (qui vous permet de tourner le volant d’un 40 tonnes avec un petit doigt !) et la suspension à roues indépendantes (qui vous permet de vous jouer de tous les nids-de-poule qui parsèment nos routes), c’est au tour de la boîte de vitesses à double embrayage de faire son apparition sur le porte-drapeau scandinave. Une avancée technologique issue des voitures de compétition qui apporte une fluidité et une rapidité dans le passage des rapports tout à fait étonnantes. Même émerveillement face aux progrès accomplis par les constructeurs en matière d’économie de carburant. Alors qu’on annonçait que le passage à Euro 6 allait immanquablement coûter du gasoil, c’est tout le contraire qui se produit. Et nous en avons nous-mêmes fait l’expérience récemment. Ainsi, le DAF XF 460 Euro 6 a fait légèrement mieux que son homologue Euro 5 essayé un an plus tôt sur notre habituel parcours de test (essai à découvrir dans cette édition).

Chauffeurs hollandais non admis ! Le transport international est-il désormais l’apanage des seuls chauffeurs des pays de l’Est ? Pour le patron du puissant groupe hongrois Waberer (3.300 véhicules-moteurs), c’est une évidence. Ainsi, alors qu’il cherche à s’implanter en propre aux Pays-Bas, il a clairement indiqué que les transports seraient effectués par des chauffeurs hongrois et qu’il n’y aurait pas d’engagement de main-d’œuvre roulante hollandaise. Pour lui, les Hollandais sont non seulement trop chers mais aussi trop peu flexibles car ne voulant plus déloger plusieurs jours… Chez nous pourtant, certains résistent encore à la vague est-européenne, à l’instar de S’Jegers (Laakdaal) qui, pour une question de communication avec ses clients, n’envisage de travailler qu’avec des Belges ou des Hollandais.

Innover, placer le client au centre de son business (quitte à rogner sur ses marges) : certainement deux moyens d’assurer son avenir.

Christophe Duckers,
Directeur de la rédaction.