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Transport Management 72 (11/2012)

 13/12/2012  Yannick Haesevoets  

EDITO

1h51 pour parcourir 50 km

Que vous soyez simple automobiliste ou chauffeur de poids lourd, vous roulerez à 27 km/h de moyenne en heure de pointe à l’horizon 2030 (contre 38 km/h aujourd’hui). Pour être plus concret, il vous faudra alors 1h51 pour parcourir 50 km ! Un scénario catastrophe digne d’une (mauvaise) superproduction américaine ? Pas du tout, mais, beaucoup plus simplement, les résultats d’une étude menée par le Bureau Fédéral du Plan et portant sur les « Perspectives de l’évolution de la demande en transport en Belgique à l’horizon 2030 ». Une étude très éclairante dont nous ne résistons pas au plaisir de vous faire part ici de quelques-unes de ses autres « révélations ». Ainsi, l’augmentation en tonne/kilomètre du transport de marchandises dans notre pays devrait être de 68 % d’ici 2030, l’international étant gratifié d’un + 94 % pour 52 % au national. De quoi générer un important transfert modal vu l’augmentation des coûts provoquée par la congestion routière ? Pas vraiment : de 70 % en 2008, les camions représenteront encore 66 % des tonnes/kilomètre au niveau national en 2030. Quant aux camionnettes (traitées à part dans cette étude), elles verront leur part de marché grimper de 10 à 11 %. La progression des modes de transport « propres » restera pour sa part relativement faible au niveau national (de 8 à 9 % pour la voie ferrée et de 13 à 15 % pour la voie d’eau).

L’influence de ces évolutions sur l’environnement n’est évidemment pas négligeable. Le transport routier de marchandises étant responsable de 97 % des émissions de gaz à effet de serre, ces dernières auront tendance à poursuivre leur progression avec une hausse attendue de 20 %. Par contre, normes Euro et amélioration de l’efficacité énergétique aidant, les émissions de polluants locaux (particules fines, oxydes d’azote,…) subiront une érosion drastique d’ici 2030 : – 75 % pour le CO, – 77 % pour le NOx, – 80 % pour les particules,…

Pour le Bureau du Plan, il n’existe pas de solution miracle pour endiguer nos problèmes de congestion et de pollution. Il faut au contraire tabler sur une conjonction de mesures – mesures fiscales (entre autres, la tarification routière) favorisant le transfert modal, poursuite des évolutions technologiques, aménagement du territoire et du temps de travail -, le Bureau mettant en évidence l’importance de « réaliser des études approfondies sur chacune des solutions possibles avant la mise en place de nouvelles politiques de transport ».