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Link2LOGISTICS n°41 (mars-avril 2017)

 30/03/2017  Yannick Haesevoets  

The times they are a-changing

« And if your time to you worth saving, then you better start swimming or you’ll sink like a stone, for the times they are a-changing. » Il y a 50 ans, Bob Dylan réveillait la société avec cette ‘protest song’ iconique. Il faisait allusion à la transformation houleuse subie par la société des années ‘60. Aujourd’hui, elle change plus profondément encore qu’alors. Nous ferions mieux de commencer à nager, comme le chante Dylan. Mais dans quelle direction ?

Nous sommes submergés par les nouvelles technologies. Et d’autres s’annoncent, qui remettront potentiellement en question la manière dont nous organisons les supply chains : drones pour la livraison de colis, camions et camionnettes autonomes, entrepôts totalement automatisés et sans personnel aucun. Tout cela est possible. Mais cela va-t-il se produire pour autant ? Qu’est-ce qui va ou pas s’imposer ? Pour reprendre les mots de l’historien britannique A.J.P. Taylor : « Prévoir est difficile, surtout l’avenir. »

Dans ces circonstances, prendre les bonnes décisions constitue un tour de force pour le manager logistique et pour les entreprises qui lui apportent les outils – comme les développeurs d’immobilier logistique. Pourtant, ils peuvent tenir compte d’un certain nombre de grandes tendances, dont nous parlons dans cette édition. La principale étant la ‘durabilisation’ de la logistique. Si nous voulons réduire notre empreinte écologique, nous devons stocker et transporter de manière plus efficace. Mutualiser davantage, tel est le message. Cela signifie des bâtiments logistiques plus grands. Mais l’espace devient rare et nous devons mieux l’utiliser. Ceci demande un meilleur aménagement du territoire, ce que nos dirigeants ne comprennent hélas pas encore. La ‘durabilisation’ logistique implique également d’éviter le transport dans la mesure du possible et de grossir les flux où c’est nécessaire. C’est possible en concentrant davantage de logistique dans les ports, en construisant des centres de distribution urbaine, en développant la logistique à proximité des canaux et des voies ferrées. Logique non ? Mais au lieu de mutualiser pour grossir les flux, nous sommes en train de les fragmenter sous l’influence de l’e-commerce. Déprimant. Consolons-nous avec une boutade : « L’avenir était nettement plus agréable avant. »

Philippe Van Dooren,
Rédacteur en chef.