Transportmanagement.be

Havart: motivé mais préoccupé

 29/11/2013  Claude Yvens  Expertise Center
Havart: motivé mais préoccupé

Bientôt 50 ans d’existence, 40 travailleurs, un parc de 27 véhicules, 44 remorques, 24 grues, une dizaine d’équipements… Havart S.A. est un nom dans le secteur de la manutention, du déménagement industriel et de la location de grues. Pourtant, cela n’empêche pas le patron Eric Havart d’être inquiet pour l’avenir, notamment en raison des contraintes imposées par l’Etat belge.

Eric Havart aime son métier. Héritier d’ une entreprise familiale, il met un point d´honneur à maintenir, développer et renforcer la réputation d´Havart S.A. (Micheroux) à travers la Belgique. Petits et grands travaux de manutention, activités de transport et de levage, déménagements industriels… La société peut offrir un service complet grâce à un parc – machines impressionnant, à la fois composé de tracteurs, de remorques, de grues et d´équipements particuliers tels des élévateurs et des nacelles (voir encadré).

Créée en 1964, la société n´a fait que croître. Aujourd´hui, elle compte près de 40 travailleurs (avec intérimaires) et une infrastructure flambant neuve. Peu avant 2010, Eric Havart a en effet investi dans de nouveaux bureaux, dans de nouveaux hangars pour abriter la flotte ainsi que dans un deuxième hall de stockage de 4.000 m². Depuis, la capacité de stockage de l´entreprise culmine à 10.000 m².

Contraintes étatiques

Pétrochimie, énergie, génie civil, construction, télécommunications, aérospatial… Les secteurs avec lesquels Havart S.A. travaille sont très diversifiés. D´où des halls de stockage bien remplis et un carnet de commande qui tourne.

Pourtant, cela n´empêche pas Eric Havart d´être inquiet pour l´avenir. « Les contraintes imposées par l´Etat belge nous mettent quotidiennement en difficulté », déplore Eric Havart. Premier problème pointé par l´entrepreneur : les infrastructures routières de moins en moins adaptées à son métier. « En raison des marchandises que nous transportons, nos véhicules dépassent souvent les 44 tonnes et/ou entrent dans la catégorie des convois exceptionnels. Pour ce type de véhicule, l´infrastructure routière belge est problématique. En Allemagne ou aux Pays-Bas, ces véhicules peuvent emprunter les autoroutes, en Belgique ce n´est pas le cas. L´Etat a instauré des itinéraires définis obligatoires pour ce type de convoi, or ces itinéraires traversent régulièrement des agglomérations avec leur lot d´écoles, de passages pour piétons, de chaussées non-adaptées à nos charges et nos gabarits… Le véhicule est obligé de s´arrêter régulièrement, ce qui entraîne un coût et une pollution supplémentaire. Mais le plus gros problème reste les ronds-points : on en construit de plus en plus sans même penser à les adapter aux transports exceptionnels. Résultat : on les traverse avec moult difficultés, en s´écorchant au passage jantes et pare-chocs. Mais certains sont tout bonnement infranchissables. C´est effarant ! »

Passage à l´auto sécurité

Autre obligation mais qui devient une contrainte pour Eric Havart : le passage à l´auto sécurité. « Le premier passage annuel pour un de nos véhicules se solde systématiquement par une carte rouge. Raison invoquée : défaut de freinage. Or, avant de me rendre à l´auto sécurité, je fais toujours contrôler et régler si besoin les freins dans un atelier agréé… Mais rien n´y fait. Par contre, lors du deuxième passage, le véhicule obtient sans problème une carte verte. » Eric Havart pointe le degré de tolérance du contrôle technique : « On contrôle des freins, élément mécanique, avec un système électronique, ultra-précis. Au lieu de prendre en compte ce facteur et d´adapter le degré de tolérance en conséquence, on se borne à exclure les véhicules qui ne rentrent pas dans la ‘ norme préétablie´. » Des véhicules qui obtiennent pourtant leur carte verte au second passage… Où se situe le problème alors ? « Je ne me fais pas d´illusion : le contrôle technique profite de sa situation monopolistique. Chaque contrôle est payant et donc deux contrôles par an pour un même véhicule sont plus rentables qu´un seul… Annuellement, je dépense 5.000 EUR pour l´auto sécurité (vignette). Une somme à laquelle il faut ajouter les frais en kilomètres, le coût du personnel, les contrôles avant passage, etc. »

Eric Havart dénonce aussi une législation qui n´aide en rien les transporteurs. « Prenez l´exemple de l´harmonisation des statuts. L´allongement des délais de préavis pour les ouvriers va encore alourdir les coûts de personnel. » Le secteur des transports pourrait toutefois faire exception et appliquer alors les délais de préavis de la CCT 75. C´est le souhait des fédérations de transport mais le gouvernement ne s´est pas encore prononcé à ce sujet. « En règle générale, j´estime qu´on n´encourage pas les entrepreneurs à entreprendre », termine Eric Havart. « On ne se rend pas compte des difficultés que nous éprouvons au quotidien à simplement exercer notre activité. J´espère toutefois que les choses s´amélioreront car j´apprécie mon métier. »

HAVART en bref

Activités : manutention, déménagement industriel et location de grues
Localisation : Micheroux (Soumagne)
Parc : 8 camions-grues de 19 à 156 Tm (grues Palfinger, Fassi et HMF), 14 tracteurs-grues (semi-remorques) de 32 à 156 Tm, 5 camionnettes `escorte & signalisation´ pour convoi exceptionnel. Un parc 100 % DAF composé de plusieurs DAF ATE Euro 5.
Remorques : 20 remorques (charge max 40 T), 14 semi-remorques surbaissées (charge max 80 T, h : 35 à 90 cm, porte-engin). Remorques Faymonville et Nooteboom. 
Grues : 10 grues téléscopiques Demag ou Grove de 35 à 220 T, 12 grues électriques Galizia de 2 à 22 T, une grue tour Potain (portée: 40 m, h: 20 m), une grue sur châssis-camions 60 T
Equipements : 10 élévateurs (électriques : 2,5 à 5 T, diesel : 1,5 à 15 T), deux nacelles (une tractable, une sur chenille, h: max 19 m)
Carrosserie : Royen (Soumagne)
Garage : DAF Ed.Rohen (Henri-Chapelle)

Document PDF

Tagged With: havart